EDUCATION
publications du syndicat CNT-SSEC du Nord Pas-de-Calais
et  de la CNT-FTE

Lille, le 15 mai 2008
Pour télécharger "Classes en lutte", le bulletin mensuel de la fédé CNT-FTE,  cliquer ici (dernier n° : octobre 2008).

Pour visiter le site de "N'autre école", la revue trimestrielle de la CNT-FTE,  cliquer ici.

De 1995 à aujourd'hui : le syndicat CNT-SSEC 59/62
et l'intersyndicale de l'éducation Nord Pas-de-Calais,  cliquer ici.

Pour consulter "N'autre fac", le bulletin de la section CNT-SR de Lille,
cliquer ici (dernier n° : printemps-été 2007).

Appel intersyndical à la grève le 7 octobre 2008 :
lire à la rubrique "Actualité et analyses".



Tract de l'intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais du 1er septembre 2008 :
lire à la rubrique "Actualité et analyses".



Septembre 2007 - juin 2008 :
petite histoire d'une année de luttes dans l'éducation (universités, lycées professionnels, suppressions de postes, 1er degré, perspectives pour la rentrée de septembre 2008)

Les vacances sont arrivées après une année de luttes, de résistances, de trahisons syndicales... L'institution scolaire cherche à dresser des bilans, des évaluations finales, et tout cela avec une notion de rentabilité à peine voilée. En tant que syndicalistes, il est certainement de notre rôle de faire le point sur cette année écoulée, mais avec une notion de lutte des classes tout à fait assumée. [...]

Tract de la Fédération CNT des travailleuses/eurs de l'éducation (FTE)

A télécharger
(4 pages - format pdf - 651 ko) en cliquant ici (version avec les coordonnées de la CNT éducation du Nord Pas-de-Calais) ou ici (version avec les coordonnées nationales de la fédération CNT des travailleuses/eurs de l'éducation).

Pour le lire en ligne au format html, cliquer ici.



A propos de la grève du 10 juin 2008 :


Le syndicat CNT-SSEC 59/62 estime que la date de ce mouvement a été extrêmement mal choisie. En effet, la grève est un combat engagé contre le pouvoir pour faire aboutir des revendications, pas un simple moyen de donner son opinion. La grève doit permettre d'entamer un rapport de force. Elle doit avoir pour conséquence le blocage du système (car, sans les travailleuses et travailleurs, ce système ne peut fonctionner, même avec tous les capitaux du monde)...

Dans cette perspective, un appel à la grève pour la semaine suivante (surveillance des épreuves du Bac) aurait été bien plus logique et bien plus efficace !

Le syndicat CNT-SSEC 59/62 laisse à ses adhérent.e.s le choix de participer ou non à la journée du 10 juin selon l'état de la mobilisation dans leur établissement et privilégie dans l'Education Nationale les appels à mobilisation pour la semaine du 16 au 20 juin 2008.

Nota bene :
Des préavis ont été déposés par la Fédération CNT des Travailleurs-euses de l'Education (CNT-FTE) pour couvrir tous les débrayages jusque fin juin.



Lutte 
contre les suppressions de postes, le rapport Pochard sur la condition enseignante, les programmes de l'école primaire, la réforme de l'enseignement professionnel, le service minimum d'accueil, la précarité, les retraites...

Dans l'Education nationale, les mobilisations s'amplifient et portent l'exigence de moyens pour la réussite et la démocratisation du système éducatif. Le budget 2008 qui sera appliqué à la prochaine rentrée est fortement contesté. Ces mobilisations s'opposent aux 11 200 suppressions de postes qui entraîneront des classes surchargées rendant impossible le suivi individuel des élèves. Dans le 2nd degré, cela va conduire à des disparitions de formations et d'options et à la fin de dispositifs pédagogiques et de soutien innovants.

Dans l'académie de Lille, ce sont 804 postes dans le 2nd degré et 55 postes d'administratifs qui sont supprimés avec un budget insuffisant ne permettant pas de créations à la hauteur des besoins pour les écoles, les services de santé, les services sociaux et d'orientation.

Dès maintenant, dans la rue et dans l'action, luttons pour :
* le refus des suppressions de postes, des heures supplémentaires, des sur-effectifs, des suppressions de classes et de filières, d'options, de dispositifs d'aide (RASED...),
* la création de tous les postes nécessaires (profs, vie scolaire, orientation, médicaux, sociaux, TOS, remplacement, renforcement des moyens des RASED...),
* le maintien et l'amélioration de la carte scolaire et des moyens en ZEP,
* le maintien de tous les BEP et le retrait des Bacs Pro en 3 ans,
* le refus du projet de fichage des enfants de primaire (cf. fichier "Base Elèves"),
* le maintien de la scolarisation des élèves sans papiers,
* le refus de la réforme Darcos du 1er degré (nouveaux programmes, évaluations nationales en CE1 et CM2, stigmatisation des élèves en difficulté par la mise en place d'un soutien scolaire imposé et de stages de vacances...),
* l'abandon du rapport Pochard, de l'augmentation et de l'annualisation du temps de service, du « travailler plus pour gagner plus »,
* le refus du service minimum d'accueil,
* l'abrogation de la loi LRU,
* l'augmentation des salaires pour tous,
* le retrait des projets de loi cassant la fonction publique (suppression de la garantie d'emploi pour les fonctionnaires),
* la titularisation des précaires,
* le refus du passage pour tous et toutes à 41 ans de cotisations retraites
(pour le retour à 37,5 annuités pour tous et toutes et pour la défense du système de retraites par répartition).

Tous et toutes en grève les jeudi 15 et 22 mai 2008 !
Manifestation à Lille : rendez-vous à 14 h, porte de Paris.
PS : La CNT participera à la grève du 15 mai et à celle du 22 mai. Elle rappelle néanmoins que les grèves de 24 heures sont vouées à l'échec si elles ne s'inscrivent pas dans un mouvement plus offensif. Par conséquent, partout où elle est implantée, la CNT posera la question de la reconduction de la grève.
Etat de la mobilisation sur le plan national :
cliquer
ici.



Elèves, parents, professeurs… nous sommes tous de  Berlaimont !


Nos écoles ne sont pas des oasis de paix. Les réalités sociales y trouvent un large écho. Avec parfois des écarts, de langage et de geste. De ces écarts, il y en a eu ailleurs.  Mais, aujourd’hui,  c’est ce qui  est arrivé, à Berlaimont, au collège Gilles-de-Chin. Une insulte  fuse de la part d’un élève ! Une gifle est lâchée par un professeur ! Mais, ici, et pas comme ailleurs,  l’intrusion  dans l’établissement du père  de l’élève giflé,  drapé dans l’uniforme de sa  fonction de gendarme, n’a pas aidé à l’apaisement. Le collègue, abandonné par sa hiérarchie, s’est vu dans la journée menotté et gardé à vue 24 heures, calomnié par le rectorat, inculpé de chefs d’accusation très graves, jugé coupable par le procureur d’Avesnes avant tout procès, prélevé d’ADN comme un criminel, affiché à la une des journaux…

Le gouvernement a choisi la méthode forte qu’il fait appliquer indifféremment à tous, élèves et professeurs, mais aussi, syndicalistes, étudiants, chômeurs, sans-abris, sans-papiers… : judiciarisation des problèmes, tribunalisation des réponses. Seuls les uniformes, dans leurs outrances, sont exonérés. Quoi qu’il en soit, comme pour ce qui se passe ici et se passe ailleurs,  nous  sommes vigilants quant au sort de cet élève et à celui de notre collègue en difficulté.  Nous demandons qu’en cette affaire raison soit gardée, que soit levée toute mesure éventuelle de suspension, que soit au moins qualifiée l’inculpation de notre collègue !
                                                                                                                            
De manière plus générale, nous, savons bien, nous  travailleurs de l’éducation,  qu’aux difficultés toujours plus grandes dans l’exercice de notre métier, il faut une réponse institutionnelle et pédagogique et non pas une casse continue du service public !  Car, nous savons d’expérience les racines des difficultés : classes surchargées, suppressions de postes récurrentes, dégradation perpétuelle de nos conditions de travail,  et toujours de moins en moins d’encadrement pour  nos plus jeunes et nos adolescents souvent en difficulté. Que l’affaire de Berlaimont soit l’occasion non pas de juger, mais de réfléchir collectivement aux causes de la violence et aux moyens d’y remédier dans une perspective d’émancipation individuelle et sociale !

D’ores et déjà, nous demandons :
- la réduction du nombre d’élèves par classe ;
- l’obtention d’heures de concertation pour tous les personnels (sur leur temps de service) afin de permettre un véritable travail en équipe ;
- la mise en place de conseils coopératifs, au sein des lieux d’éducation, réunissant démocratiquement élèves, personnel (dans le cadre de leur emploi du temps commun) et ouverts de droit aux parents ;
- la mise en place, dans la formation initiale et continue des personnels, et pendant leur temps de service, de modules consacrés au stress, aux comportements déviants, aux élèves en souffrance psychologique, à la gestion des conflits...;
- la possibilité, dans les classes jugées les plus difficiles, de la mobilisation d’une équipe éducative (enseignant, aide-éducateur, psychologue, médecin scolaire et assistante sociale…).

Janvier 2008
Syndicat CNT éducation du Nord Pas-de-Calais



Quelques documents publiés ces derniers mois :


"École, une révolution nécessaire" : un livre de lutte et de réflexion !

Les éditions CNT - Région parisienne viennent de publier École, une révolution nécessaire, livre d'entretiens avec des militants de la Fédération CNT des Travailleuses et Travailleurs de l'Éducation (CNT-FTE). Cet ouvrage retrace dix années de luttes et de réflexions pour une autre école. Ils / elles sont enseignant.e.s, en maternelle, primaire, collège ou lycée, agents, magasiniers, étudiants, cuisiniers, ouvriers professionnels, surveillants, anciens ou tout nouveaux dans le métier ou à la retraite. À Lille, Marseille, Lyon, Paris, Rennes, Nancy, Besançon..., ils militent depuis plusieurs années ou seulement quelques mois. Ils témoignent ici de leur engagement, alternant le « nous » et le « je » pour faire partager leurs parcours, leurs souvenirs, leurs espoirs et leurs projets. Ils ont emprunté des chemins différents, connu des expériences diverses et vivent des réalités singulières. Ils se retrouvent aujourd'hui au sein de la fédération CNT des Travailleuses et travailleurs de l'Éducation, animés par une certitude partagée : dans la société comme dans l'école, une révolution est nécessaire. Ce livre rassemble leurs témoignages et propose au lecteur de découvrir, loin des clichés, l'action quotidienne des militants de la CNT Éducation, un syndicat qui, au cœur des luttes actuelles, ambitionne de réinventer un autre syndicalisme pour défendre une autre école.

École, une révolution nécessaire 
Edition CNT-RP, 208 pages, 13 euros
A commander à CNT-FTE, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris
(chèques à l'ordre de CNT-SL)


Parents et travailleur/se/s mobilisés pour un service maximum d’éducation (mai 08)
http://www.cnt-f.org/fte/

Tract de rentrée "général" (de la maternelle à l'université) - Année 07 / 08
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1196

  
Tract de rentrée "primaire et secondaire" -  Année 07 / 08
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1197
  
Guide juridique sur les CAE CAV
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1208

Tract pour la grève du 20 novembre 2007 :
http://www.cnt-f.org/59-62/CNT_Lille_éducation_20_novembre_07.pdf (format pdf - 1 page - 470 ko).

Tract pour la grève du 18 octobre 2007 :

http://www.cnt-f.org/59-62/tractFTE_greve_18oct07 (fichier pdf - 1 page - 167 ko)

"Le Cancre-Là" (bulletin d'informations sociales et syndicales de Fourmies et environs réalisé par des militants CNT, FO, SNES, SNUIPP et SUD) - n° 2 - printemps 2007
Bulletin à télécharger (format pdf - 4 pages - 119 ko).


Loi "d'autonomie" sur les universités (projet Pécresse)
Tract à télécharger (format pdf - 2 pages - 120 ko)
- Texte d'analyse à la rubrique "Actualité et analyses"
La carte scolaire accusée de ségrégation, c’est le monde à l’envers !
Tract à télécharger (format pdf - 1 page - 95 ko)
Quel avenir pour les EVS ?
Tract à télécharger (format pdf - 1 page - 197 ko)
[1er degré] EPEP : « Le conseil d’administration a choisi votre directeur »
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=713
Plateforme de la Fédé CNT des travailleurs/euses de l'Education
(2 pages - 497 ko - format pdf)

Fichier "Base élève"
(1 page - 672 ko - format pdf)

Bienvenue aux EVS ! Luttons avec eux contre les emplois précaires !
(1 page - 272 ko- format pdf)

EVS : bilan 1 an après !
(1 page - 88 ko - format pdf)

Contre le fichage génétique
(1 page - 366 ko - format pdf)

La note de vie scolaire ou le retour du "zéro de conduite"
(1 page - 202 ko - format pdf)

Contre le protocole de direction dans le 1er degré, pour une école autogestionnaire !
(1 page - 221 ko - format pdf)

Contre la mise en place des "conseils pédagogiques" dans le second degré
(1 page - 191 ko - format pdf)
 
Inspectés, évalués, hiérarchiés...

(4 pages - 462 ko - format pdf)

Le logement, un droit élémentaire pour les élèves et leurs familles
(4 pages - 3 Mo - format pdf - à destination des écoles - réalisé par une intersyndicale de l'éducation ainsi que des associations de droit au logement et de défense des droits de l'Homme)

Affiche anti-sécuritaire
(1 page - 1,27 ko - image format png)

Ni délateur ni flic !
(1 page - 170 ko - format pdf)

Contre le projet de loi Sarkozy de "prévention de la délinquance"
(1 page - 115 ko - format pdf)

Contre le projet de loi Sarkozy de "prévention de la délinquance"
(édition du 18 novembre 2006 - 2 pages - 535 ko - format pdf)

Contre l'augmentation du temps de travail et la casse des statuts
(2 pages - 1339 ko - format pdf)



Bulletins CNT éducation 59 / 62 :

- bulletin n° 16 du 4ème trimestre 2005 (voir aussi l'appel à la grève du 24/11/05 à la rubrique "Actualité et analyse").

- pas de bulletin pour la rentrée de septembre 2005, mais plusieurs tracts disponibles au format pdf ici (postes, précarité, TPE, apprentissage, etc.), (remplacements obligatoires) ou là encore (appel à la grève interpro du 4 octobre) ou au format html à la rubrique "Actualité et analyses".

- bulletin n° 15 de février 2005

- n° spécial du 20 janvier 2005

- bulletin n° 14 du 4ème trimestre 2004

Extraits :


N° 16 -  4ème trimestre 2005 - spécial élections paritaires

Format pdf :
Le numéro complet est disponible ici (4 pages - 175 ko).


Extrait au format html :

"L'essentiel n'est pas de voter mais de lutter…", voilà ce que pourrait être le message de la CNT pour ces élections. Cela n'étonnera certainement pas ceux qui nous connaissent déjà et qui ont croisé nos drapeaux rouges et noirs dans les manifestations… Quant à ceux qui nous côtoient dans leur établissement, ils savent que la résignation et le paritarisme n'ont rien à voir avec nos pratiques. Les autres, qui nous découvrent pour la première fois, comprendront mieux peut-être, à la lecture de ce bulletin, les raisons de notre boycott des élections paritaires, que ce soit à l'échelon départemental ou national…

Les raisons d’un boycott

Ce n'est pas le fait de voter qui nous révulse : nous votons sans état d'âme lorsqu'il s'agit de prendre une décision ensemble (en réunion ou en assemblée générale par exemple)…

Ce qui nous révulse, c'est de penser que le seul résultat de décembre sera le partage des « places », des heures de "délégation" et de "décharges"… toutes ces choses qui feront que nous verrons un peu moins certains syndicalistes sur le terrain ! A la CNT, nous refusons ce syndicalisme qui demeure l’affaire de professionnels ou de semi-professionnels. Si personne ne travaille à notre place, que personne ne décide à notre place : c’est la base de la pratique autogestionnaire !

C'est aussi le fait que ces élections vont une fois de plus justifier cette plaie du syndicalisme : la cogestion ! Ceux qui n'ont rien en commun s'assoient autour d'une table pour un simulacre de négociation… afin que ce soit toujours les mêmes qui au bout du compte décident ! Car rappelons-le, le rôle des structures paritaires (CAP, CTP, etc.) n’est que consultatif. Ces structures ont été conçues pour "calmer le jeu" en institutionnalisant et en individualisant la négociation aux dépens des luttes collectives. Elles ne sont compétentes que pour les "litiges d'ordre individuel". Du point de vue de l’État-patron, elles fonctionnent magnifiquement. Et quand "nos" représentants ne se flattent pas de faire passer la pilule à ceux qu'ils sont censés défendre, ils prétendent collecter des informations et  ils se vantent de "contrôler" l'administration.

Les résultats sont-ils probants ? Contrôlent-ils l'administration lorsqu'il faut titulariser sans condition de concours les précaires jetés au chômage ou lorsqu'il faut maintenir des classes et des effectifs suffisamment bas pour développer des pédagogies réellement au service des élèves ? Non ! Diffusent-ils les informations pour impulser revendications et luttes collectives et solidaires ? Non !

De plus, qui les contrôle, eux ? A qui rendent-ils des comptes lorsqu'un mouvement d'ampleur vient bousculer leurs habitudes de salon ? Quelles mobilisations efficaces (suppressions de postes, annualisation, précarité, etc.) ont-ils initiées à partir de ces précieuses infos dont ils sont, avec l'administration, les dépositaires (dépositaires privilégiés mais tenus "à l'obligation de discrétion professionnelle"). Qui les mandate pour bloquer systématiquement les revendications des salariés et des précaires (ces derniers étant d'ailleurs interdits d'élections) ?

Une parodie de démocratie

Nous sommes de ceux qui n'attendent rien de cette parodie de démocratie, machine électoraliste à entretenir les « grades », les catégories et la division syndicale… Ces élections professionnelles postulent qu’il n’existe pas d’exploitation collective des salariés mais simplement des problèmes individuels qui peuvent se régler par la "participation des salariés-citoyens" aux commissions consultatives paritaires.

Le bilan rapide de ces dernières années de luttes (auxquelles la CNT a participé aux côtés des salariés et des précaires), démontre qu'il y a bien une vie après les élections… et que c'est celle-là que nous voulons vivre avec vous !

A propos de ces élections,
la fédération CNT des travailleur(se)s de l'Education
a publié quant à elle un tract de 2 pages.
Il est disponible ici (format pdf - 143 ko).



N° 15  –  février 2005

Format pdf :
Le numéro complet est disponible ici (4 pages - 261 ko).

Extraits au format html :

- Editorial : L'imprévu...
- Appel de l'intersyndicale académique
- Réflexion sur l'opération "sécurisation des établissements scolaires" : Police partout...
- Infos sur le cas des élèves sans papiers




L’IMPREVU…

Le 7 décembre 2004 : succès imprévu.

Le 20 janvier 2005 : mobilisation réussie.

Le 5 février 2005 : mobilisation réussie.

Et pendant ce temps là, le porte-parole du gouvernement annonce sagement que "la participation correspond à ce qui était prévu" et "ce sont essentiellement des fonctionnaires qui ont manifesté, tout cela est donc sans surprise".

Il est vrai que la veille, Chérèque avait fixé le seuil du succès ; il est vrai que les chiffres policiers sont conformes à ce seuil.

Sans surprise, nous pouvons nous attendre à une poignée de mains entre Chérèque et plusieurs ministres. On rejoue 2003 et les retraites ou on écrit une autre histoire ?

De journée d’actions en journées d’actions, de mobilisations avec grèves en mobilisations avec grèves, où allons-nous ? Dans le mur ?

La rue manifeste, des revendications légitimes, des revendications populaires…pas pour remettre en selle les vieux canassons de l’opposition politique. Mais, pour enfin, gagner.

On ne marchera pas dans le coup des « temps forts » perpétuels qui débouchent sur la déculottade en juin, avant le bac…Pour ce qui va en rester avec la loi Fillon !

La rue a envie d’imprévu. La grogne, la colère ont été semées. La graine a germé.

SOYONS IMPREVISIBLES !



Communiqué de l'intersyndicale de l'Education Nationale du Nord Pas-de-Calais :

Le service public d’éducation est en danger : défendons le ! poursuivons et amplifions le mouvement !

-          Nous exigeons des moyens à la hauteur de nos besoins pour les Ecoles, Collèges, Lycées, Lycées Professionnels, Centres d’Information et d’Orientation

-          Nous refusons cette politique budgétaire qui entraîne des suppressions de postes d’un niveau jamais atteint (940 suppressions de postes dans l’Académie de Lille !). Nous exigeons donc un collectif budgétaire.

-          Nous refusons la loi Fillon qui réduit l’offre de formation et qui introduit une école à deux vitesses renforçant les inégalités sociales.

L’intersyndicale de l’Education appelle : 

Dans les établissements  à boycotter les Conseils d’Administration qui doivent statuer sur les suppressions de postes

Localement dans les villes ou les bassins : les personnels et les parents à se réunir en assemblée générale  pour informer et débattre des suites de l’action.

Régionalement : grève le  vendredi 25 février 2005  (manifestation à 15 h, porte de  Paris à Lille).

Au plan national : une suite et une amplification du mouvement est en train de se construire inter syndicalement, l’action doit se poursuivre

Ensemble, parents et personnels !



POLICE PARTOUT...

Le ministre de l’intérieur a demandé à « être jugé sur pièces. Si s’occuper de la protection des plus jeunes, si se mobiliser pour la sécurité dans les écoles, autour des écoles et sur les trajets gêne quiconque, qu’il voie dans quel esprit nous le faisons ».

Opération "sécurisation des établissements scolaires"
Depuis plus d’un an, un projet de loi sur la prévention de la délinquance est annoncé. L’avant-projet de Sarkozy, parmi toute une série de mesures exaltant les valeurs patriotiques, projetait tout simplement de considérer comme potentielle-ment délinquante toute « personne présentant des difficultés sociales, éducatives, ou matérielles » En conséquence, il fallait la signaler à la police via le maire intronisé pilote de la pré-vention, et cette injonction s’étendait à tout professionnel de l’action sociale, au mépris du droit des usagers en matière de secret professionnel.
La jeunesse, notamment celle issue de l’immigration, se trou-vait également montrée du doigt, et l’absentéiste devenait un délinquant potentiel, lui aussi à signaler au maire ou au procu-reur. Une approche sécuritaire, répressive et stigmatisante tendait ainsi à se substituer à une approche éducative ou so-ciale des difficultés de la population.
Par milliers, le 17 mars 2004, les travailleurs sociaux (notam-ment) ont marqué leur refus de voir ainsi leurs missions ins-trumentalisées. Depuis juin 2004, Villepin annonce un projet de loi, dont il parle beaucoup, mais qu’il refuse de montrer. Le gouvernement, relayé par des administrations et certaines collectivités locales, met en place, tous les jours, sous prétexte d’expérimentations, des dispositifs qui constituent, tous, des atteintes aux libertés publiques et des remises en cause des fondements du travail social, éducatif et médico-social (fi-chage nominatif des populations, organisation de la déla-tion...)

Enseignants, éducateurs, tous derrière... le commissaire !
La lutte contre l’échec scolaire n’existe désormais plus, tout étant vu à travers le prisme de la délinquance potentielle : récemment, après avoir supprimé les surveillants et réduit les effectifs d’aides éducateurs, le protocole « police - éducation nationale » a instauré, pour chaque établissement, un « correspondant - police ».
La mise en oeuvre de ce protocole, sous la forme d’une opéra-tion nationale largement médiatisée, de fouille de milliers de jeunes, aux abords de dizaines d’établissements scolaires, témoigne du projet de Villepin.
Le récent rapport Benisti remis à Villepin dans le cadre du travail ministériel autour de ce projet de prévention, confirme toutes les craintes que nous pouvions avoir et la nécessité de s’y opposer ; un seul exemple de la « philosophie » de cette logique sécuritaire : un graphique pseudo -scientifique illustre l’idée que si l’on n’intervient pas sur certains facteurs, un déterminisme écarte inexorablement du « droit chemin » et entraîne par un « parcours déviant » vers la délinquance. La mère non francophone d’un enfant de 2 ans se trouve désignée comme facteur de risque, qu’il faut corriger en... interdisant à cette mère de parler son "patois" (sic).... !?! Le maire doit, bien sur, être au courant de tout cela, et il faut donc développer « une culture du secret partagé »... avec la police ! Évidemment, la déviance, si elle persiste, mène tout droit à la case internat ou centre fermé, avec cours de (ré-) éducation civique intensif...

Ces propositions sont toujours inacceptables : il faut continuer à les combattre, ainsi que le modèle de société qu’elles induisent : une société basée sur l’exclusion et la criminalisation de la misère.



ÉLÈVES SANS PAPIERS INTERPELÉS DANS LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES

Depuis quelques temps, une pratique se répand. Utiliser les établissements scolaires pour arrêter les personnes en situation irrégulières. Un exemple, parmi d’autres :

Mercredi 2 février 2005, les gendarmes de Fameck (57290) se sont rendus dans un établissement scolaire chercher deux mineurs irakiens âgés respectivement de 15 et 17 ans. Ils sont scolarisés au Collège Charles de Gaulle et sont en France avec leur père, ayant fuit leur pays pour chercher asile. C’est suite à la consigne de la Préfecture de Moselle de mettre en œuvre un arrêté de reconduite à la frontière (donc de les expulser) que les gendarmes auraient tenté d’interpeller le père des enfants dans la matinée. L’ayant « raté », ils se sont « repliés » sur cette solution. Dans l’établissement ils ont fait appeler les deux élèves par le proviseur au local administratif de l’établissement. Grosse panique pour les deux élèves qui n’ont pas compris ce dont il s’agissait, face à la volonté des gendarmes de les emmener, même de force. Une personne de l’établissement a « tempéré » et a demandé aux mineurs de suivre les gendarmes, ce qu’ils ont alors fait…

JEUNES SCOLARISÉS SANS PAPIERS : RÉGULARISATION MODE D’EMPLOI

Un guide pratique et juridique réalisé par le Réseau "éducation sans frontières".
Ce guide a pour objectif de donner des premières indications à ceux (personnels de l’éducation nationale, parents d’élèves ou militants associatifs ou syndicaux, voire élèves eux-mêmes) qui découvrent, souvent avec stupeur, qu’un élève ou un jeune de leur entourage est sans papiers et menacé d’expulsion. A la question souvent entendue : « Je connais un jeune sans papiers, qu’est-ce que je peux faire pour l’aider ? », il s’efforce d’apporter deux types de réponses :
- pratique, en indiquant par exemple comment organiser la solidarité autour de lui, les démarches qu’il doit entamer, les risques encourus, etc. ;
- juridique, en fournissant une première approche des textes sur le séjour des étrangers.

Téléchargement gratuit : http://www.educationsansfrontieres.org
Adresse e-mail : educsansfrontieres@free.fr
Disponible aussi en version papier à la CNT, 1 rue Broca, 59000 Lille.



Spécial "grève"
du jeudi 20 janvier 2005

Pour le service public, pour nos salaires, contre la loi d’orientation scolaire…

La fédération des travailleurs de l'éducation (CNT - FTE) a décidé d’appeler à la journée de grève prévue le 20 janvier prochain dans l’Education nationale. Cette journée s’inscrit dans la continuité de la grève du 7 décembre dernier contre le nouveau projet de loi d’orientation scolaire (loi dite "Fillon" du nom du ministre) mais aussi dans un élargissement à l’ensemble de la fonction publique en pointant l’austérité budgétaire et en dénonçant les logiques de casse des services publics.

La dénonciation des choix budgétaires de l’Etat sous diktat du patronat doit bien être au centre de notre mobilisation tant ils révèlent des choix et des logiques sociales d’inspiration libérale désastreux pour les personnels comme pour la population dans son ensemble.

Austérité sur les salaires

Une des conséquences des logiques d’austérité budgétaire sur les services publics est celle que nous voyons tous les mois sur notre fiche de paye. Depuis le « gel des salaires » de la fonction publique, nous voyons notre pouvoir d’achat diminuer peu à peu (5% en quelques années sans prendre en compte l’inflation indirecte des prix liée au passage à l’euro). Le ministre nous propose une augmentation de 0,5% pour cette année comme pour la prochaine ! C’est presque nous proposer de nous faire l’aumône ! Reprenons ce que l’Etat nous vole !

Austérité pour le service public

La principale conséquence de l’austérité budgétaire reste la baisse des moyens attribués aux services publics et donc la lente dégradation de la qualité du service rendu. Dans ce cas, c’est toute la population qui est concernée et plus particulièrement les classes populaires tant nous savons que l’accès à des services publics de qualité, c’est à dire des services non marchands répondant à des besoins fondamentaux, est pour elles primordial. Entre les non-renouvellements de postes, la baisse des recrutements, le développement de la précarité, les lois de décentralisation ou encore les lois de « réforme » ou « d’orientation » c’est toute une logique d’exclusion sociale et de casse des services publics qui est à l’œuvre où tous les secteurs sont tour à tour touchés.

Loi Fillon : casse du service public d’Education

Dans le cas de l’Education nationale cette casse passe aussi par le projet de nouvelle loi d’orientation scolaire. Dans la lignée des projets européens d'adaptation de l'Ecole à la société capitaliste et d'offensives libérales sans précédent (LOLF, décentralisation, loi Borloo.), le projet de loi Fillon prétend remédier aux difficultés du système scolaire français. En réalité les mesures annoncées sont alarmantes : elles vont dans le sens d'une accélération de la sélection et de la ségrégation scolaires, d'un renoncement à une Ecole pour tous, d'un retour de l'autorité et du conformisme social, et d'une diminution du coût du service public d'éducation.  Celle-ci va permettre de flexibiliser et de précariser un peu plus les personnels tout en augmentant pour la population les inégalités scolaires, sociales et territoriales.

Tous et toutes ensemble !

De la loi d’orientation scolaire au plan « Hôpital 2007 », c’est tous les services publics qui sont concernés par ces « réformes » qui en organisent la casse. Voilà pourquoi, la CNT ne peut que soutenir une mobilisation de l’ensemble des services publics tant les attaques, les combats à mener et les revendications sont communs.

Nous pouvons par contre regretter que  les services publics  soient appelés à se mettre en grève sur trois jours (les 18, 19 et 20 janvier) . Une grève unitaire, tous ensemble, aurait eu plus de poids et de sens. Articuler une double lutte, celle pour la défense des services publics dans leur ensemble et leur place dans la société et celle contre les réformes spécifiques à chacun de nos secteurs, est bien l’enjeu des mois à venir. Nous devons être capables de mener cette double lutte ensemble au-delà du corporatisme et des intérêts bureaucratiques et politiciens. Pour gagner cette mobilisation, il nous faudra aussi renouer avec la pratique de la grève     reconductible. La grève du 20 janvier peut être une étape pour la construire.

Bulletin spécial "grève"
de la fédération CNT des travailleurs de l'éducation
à télécharger au format pdf  (2 pages - 82 ko)

Bulletin spécial "loi d'orientation"
de la fédération des travailleurs de l'éducation
à télécharger au format pdf (4 pages - 420 ko)


N° 14 – 4eme trimestre 2003

Construire un mouvement social autonome !
NON à la généralisation de la précarité
Elections au conseil d’administration
Leçon de démocratie : la mascarade des CA
Débat sur l’éducation nationale : on se moque de nous et on aime !
Remise en cause du droit de grève


Construire un mouvement social autonome !


Entre auto-satisfaction et auto-critique les grosses centrales syndicales balancent mais le conflit sur la réforme des retraites engagé au printemps n'est toujours pas réglé. La réforme est passée et nous devrons encore travailler plus pour une retraite toujours plus faible. Le ministère de l'Education a temporisé et lâché du lest sur la décentralisation : les co-psy, les médecins scolaires et les assistantes sociales ne sont plus concerné(e)s dans l'immédiat. Mais peut on parler comme la FSU « d'avancées » alors que restent sur le carreau les personnels ATOSS, pour qui précarité et flexibilité deviennent déjà la norme ? C'est l'ensemble des plans de « réforme » que nous devons rejeter sans condition, en reprenant la grève.

Ce n'est ni d'un gouvernement, quel qu'il soit, ni de centrales syndicales dont la hiérarchie ne pense qu'à accompagner les réformes et sauver leurs bureaucraties, qu'il faut attendre une amélioration de nos conditions de travail. Malgré les annonces récentes du budget 2004 (suppressions de 1500 postes dans le second degré, d’encore 9 000 postes de surveillants et baisse de 2 500 postes de stagiaires aux concours), elles nous entraînent tout droit vers la « grogne » entretenue et canalisée à coups de « manifs du mercredi » pour préparer l’alternance au pouvoir des directions politiques de la « gauche recomposée » (si peu)…

Le syndicat CNT de l'éducation prône la reprise et la généralisation de la grève, et soutient toutes les initiatives d'auto organisation des travailleurs et des travailleuses dans les établissements et les coordinations. Nous avons pour cela besoin de construire un espace permanent de lutte, un syndicat inter corporatif et révolutionnaire, fonctionnant sur les principes de l' autogestion : refus de la bureaucratie ( les permanents syndicaux ), gestion collective, démocratie directe, et portant un projet social à l'image de son fonctionnement. C'est ce syndicalisme que porte la CNT.

RDV le samedi 11 octobre à 15 h à la « halle au sucre » dans le vieux Lille



NON à la généralisation de la précarité


20 000 emplois jeunes sont arrivé(e)s en fins de contrat en juin et 76000 se retrouveront au chômage en 4 ans. Leur seule perspective est souvent de rempiler comme Assistant(e) d'Education (AE). De ces contrats d'AE on n'en veut pas : c'est un statut précaire de plus. Ce nouveau statut ne prend même plus en compte les critères sociaux, cassant le statut de MISE qui offrait aux étudiant(e)s défavorisé(e)s un moyen de payer leurs études. Accepter cette duperie, c'est cautionner le recours à la précarité comme mode de fonctionnement de l'Education nationale.

Aujourd'hui, rien que sur l'académie des centaines de professeur(e)s contractuel(le)s restent sur le carreau (14000 en France) avec comme seule perspective les Assedic. Ils et elles ont bossé pendant 1, 2, 3 ans voire plus, en faisant le même boulot que les profs titulaires et maintenant on les jette ! Nous sommes tout(e)s concerné(e)s par ces pratiques. Les conditions de travail des précaires servent de référant pour « moderniser » les statuts et introduire toujours plus de flexibilité chez les titulaires mais surtout elles renvoient à des choix de société auxquels nous ne pouvons rester indifférents. !

Par ailleurs, on sait exactement ce qu'il en est de la réduction de postes de titulaires au niveau national: cette année, alors que 18 000 postes aux concours étaient ouverts, seuls 14 500 candidat(e)s rentrent en poste sans qu'il y ait de liste complémentaire ! Devant le manque d'effectifs, on a encore mis en service des TZR dès la rentrée pour combler les trous. Il ne restera plus qu'à faire appel à des vacataires (précaires parmi les précaires) pour remplacer les profs absents !
A l’heure ou Delevoye et les syndicats envisagent de réactiver les leurres du protocole Sapin *, plus que jamais nous exigeons l'arrêt du recrutement de personnels précaires (contractuel(le)s, vacataires, emplois jeunes, CES, Maîtres auxiliaires...) et la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité, la validation des acquis professionnels, une véritable formation qualifiante pour tous ceux déjà en place ou qui ont été virés à la fin de leur contrat. Ces revendications ont été massivement portées par les AG de base du printemps dernier.

* Le protocole Sapin ( ministre de la fonction publique sous Jospin) dit de « résorption de la précarité », signé par CFDT-FO-FSU-UNSA n’envisage l’intégration des précaires que par voie de concours (il faut 3 années de contrats–temps plein pour être « sapinisable.» et en plus le nombre de postes mis aux concours est dérisoire). Sont aussi exclus d'emblée les CES, CEC, emploi-jeunes, vacataires.... sur les quelques 300.000 précaires de l'Education nationale seuls 71.000 avaient été recensés dans l'enquête préalable. Ce Protocole Sapin perpétue en fait la précarisation.

Une réunion du réseau contre la précarité est proposée pour le samedi 11 octobre à 15 h à la halle au sucre, une autre le mercredi 15 octobre au 1 rue Broca à Lille Fives, local CNT.
Le réseau Nord pas de Calais contre la précarité existe depuis presque 3 ans. Initié par le Syndicat CNT SSEC, il est ouvert à tout salarié, association, collectif, section syndicale et syndicat désireux de lutter contre la précarité dans le monde du travail et, en ce qui concerne la fonction publique, pour la titularisation de tous les précaires sans condition de concours et de nationalité.
Le réseau édite un bulletin « Ensemble contre la précarité ». Ont participé aux 5 premiers numéros (+ 1 tract spécial lutte Emplois jeunes – MI SE): CNT( santé, social, éduc, culture et services, industrie), Collectif des contractuel(le)s en langues du premier degré, Collectif de l’éducation contre la précarité, Groupe départemental de l’école émancipée, G10 – Solidaires, SUD éducation…
Le bulletin permet de diffuser les infos sur la précarité (témoignages, infos juridiques, mobilisations), de construire les luttes ( AE-EJ-MI SE l’an dernier) mais aussi de mobiliser pour des actions locales portées par le réseau ( en direction du rectorat, inspection du travail, ANPE ou Mairie de Lille ces dernières années ).




Elections au conseil d’administration

Parce que la participation à la gestion des établissements cautionne les désastreuses politiques budgétaires et pédagogiques du ministère et entretient le fatalisme de la « communauté éducative ».

Parce que la délégation de pouvoir, sans contrôle ni révocabilité des mandats, favorise les pressions individuelles sur les élu(e)s et le désinvestissement des personnels (combien de suppressions de postes, de classes, d’emplois précaires comme les assistants d’éducation sont entérinés par les élus ?).

Parce que ces élections par collèges (élèves, parents, enseignants, ATOSS) entretiennent les divisions chez les acteurs de la communauté éducative et les sections syndicales alors que la lutte nécessite l’unité inter catégorielle et syndicale à la base .

L’essentiel n’est pas de voter… mais de lutter !

Ni angélique, ni dogmatique, notre position est le fruit d’une analyse empirique du système paritaire et cogestionnaire : seule la lutte paye ! Lorsque nous votons, nous remettons notre souveraineté (le rôle des élus au CA n’est souvent que consultatif) pour un temps déterminé à une ou plusieurs personnes. Les élus sont considérés comme agissant selon notre volonté.

L’erreur est là ! Durant ce laps de temps, ils sont incontrôlables par les électeurs, ils ne sont pas révocables ! Voter, dans ces conditions, c’est donc abdiquer. La représentation induit la dépossession de soi. Un être dépossédé n’a plus aucun pouvoir, il n’est plus qu’un représenté et son rôle dans la démocratie s’arrête là. En confisquant la représentativité à leur seul profit, les élus signifient de fait la fin de la démocratie (à l‘inverse de la démocratie directe) et entretiennent les bases du système d’exploitation en usurpant la volonté de la base.

Pour nous, il est important de se réapproprier les luttes, important aussi de s’organiser en Assemblée Générale souveraine, c’est à dire que tout est discuté et décidé devant les individus formant l’assemblée. Et s’il s’agit de mandater des personnes, elles le sont sur un point précis et doivent rendre compte de leur efficacité devant l’assemblée. En cas d’échec, elles sont révoquées et d’autres sont mandatées à leur place.
L’histoire des luttes sociales et l’observation plus immédiate des conflits dans l’éducation prouvent que les luttes se construisent dans les AG par les grèves unitaires à la base ( contre les suppressions de postes, contre la précarité ou les « contre réformes » gouvernementales) et non dans les conseils d’administration ou les commissions paritaires.

Alors, un seul mot d’ordre : démocratie directe !
La vraie démocratie… commence ici !


Leçon de démocratie : la mascarade des CA


En juin, les conseils d'administration de plusieurs établissements ont dû se prononcer sur la question : " autorisez-vous le chef d'établissement à recruter des assistants d ' éducation ? ". Beaucoup ont répondu oui, quelques-uns non. En septembre, les conseils d'administration qui votèrent non sont reconvoqués avec la même question à l'ordre du jour. Les pressions sur les élus sont fortes : " on ne peut pas fonctionner ", "on a plus de travail ", " des étudiants attendent un travail " etc.

Nous appelons toujours à voter non. Pourquoi ? Nous refusons le statut des assistants d'éducation, en retrait par rapport à celui des MI-SE. La précarité gagne. Rien ne réserve l'emploi à un étudiant. Nous refusons le fait qu'un chef d'établissement devienne un employeur libre de recruter qui il veut. L ' accepter, c'est accepter le " spécial copinage", le népotisme (je favorise ma famille ou des gens de mon entourage), les recrutements pour affinités politiques. Nous refusons d'avoir à revoter sur un texte déjà voté. Nous ne sommes pas des idolâtres de la démocratie et de la légalité. Mais, nous les respectons. Nous faire revoter, c'est faire pression, espérer un changement de majorité. C'est nier une décision prise démocratiquement.

Evidemment, nous sommes mal à l'aise. Refuser la possibilité de création d'un emploi précaire alors que nous avons un emploi sûr. Mais, faudrait-il accepter de voter pour un emploi d'esclave ?



Débat sur l’éducation nationale : on se moque de nous et on aime !


Au printemps 2003, un débat devait s'ouvrir. Comme base du débat, un livre de Luc Ferry, Lettre à tous ceux qui aiment l'école. On sait ce qu'il advint de ce livre et de ce débat : retour à l'envoyeur. Le débat était dans la rue. Et, il ne portait pas sur l'école. Retraites, décentralisation où était l'école dans notre "grogne" ? L'automne arriva. Et, on nous parle du grand débat sur l'école. C'est devenu l'affaire du siècle. Le livre de Darcos et Meirieu est censuré. Probablement la meilleure mesure à prendre : l'idéologue de droite est finalement d'accord avec celui de gauche. (et vice versa). Le publier ne ferait que renforcer la radicalité ambiante si gênante. Une commission est nommée. Un chef de commission reconnu comme compétent par tous les bords, droite et gauche. Il n'y aurait donc pas de différences ? Des acteurs sont convoqués. Mais, surtout pas les usagers. Eux n'ont rien à dire.
Il est vrai que le problème de l'école ne concerne pas les élèves. Par contre, l'industrie du tourisme, oui. Le débat est truqué. Le dialogue partagé de notre cher Raffarin doit aboutir à une loi de programmation en 2004. Les experts ont la parole, puis le gouvernement tranchera. " La commission Thélot est chargée d'accompagner le débat en vue d'un diagnostic partagé ", insiste l'entourage de M. Raffarin. (Le Monde, 11 sept 2003).

Faut-il participer à ce débat ? le boycotter ? le détourner ? Nous savons très bien, pour avoir été consultés à maintes reprises depuis le ministre Savary et les enquêtes de M. Legrand, que notre opinion importe peu. Les résultats du débat sont déjà inscrits quelque part au ministère. Les options coûtent cher. Il faut les diminuer. Les professeurs monovalents sont une plaie. Il faut rétablir la bivalence. Les IDD ne servent à rien. Il faut les supprimer, sans rétablir les horaires qui ont été rognés lors de leur création. Et, ainsi de suite. En avant première, notre diagnostic partagé à la suite du dialogue partagé : éduquer coûte trop cher, les profs sont des fainéants, on va les faire bosser, le coût de leur travail doit diminuer. Si cette école publique de misère ne vous convient pas, adressez-vous au privé !


Remise en cause du droit de grève


Non content de programmer la destruction progressive de l'Education nationale, le gouvernement voudrait aujourd'hui nous enlever toute possibilité de contester réellement sa politique globale. A ce titre une proposition de loi datée du 25 juin 2003 vise de fait à remettre en cause le droit de grève dans la fonction publique.

Dans la fonction publique, le droit de grève était déjà soumis un certain nombre de restrictions par rapport au privé notamment par l'obligation de préavis déposés par les syndicats dits "représentatifs". Si la nouvelle proposition de loi est adoptée, le droit de grève ne pourra s'exercer qu'après un vote à la majorité des salariés, il est par ailleurs prévu d'instaurer un service minimum obligatoire. Avec de telles conditions il est bien évident que le mouvement que nous avons connu en mars-juin 2003 n'aurait pu avoir lieu.

En assurant leurs cours aux classes à examen et les épreuves du BAC, la majorité des profs ont encouragé ces projets de service minimum obligatoire. Ils ont répondu inopportunément aux appels du ministère et aux consignes « responsables » des syndicats majoritaires. Des gages sans doute aussi pour la « rémunération au mérite ».



Le syndicat CNT-SSEC 59/62
et l'intersyndicale de l'éducation
Nord Pas-de-Calais

La participation de la CNT à l’intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais date de l’automne 1995. D’abord limitée au premier degré et au département du Nord, elle s’élargira ensuite au second degré et à toute la région malgré les réticences du SNES.

Cette participation coïncide avec la lutte contre le plan de réforme de la Sécurité sociale présenté devant les députés le 15 novembre 1995 par Alain Juppé, alors premier ministre de Chirac (cf. note 1). A Lille et dans les environs, comme ailleurs en France, la CNT sort de la marginalité dans laquelle elle était plongée malgré elle depuis trop longtemps. Elle est présente dans la grève reconductible, elle est active dans les assemblées générales, elle est visible dans les manifestations qui se multiplient tout au long des mois de novembre et décembre. Le slogan "Tous ensemble!" symbolise le mouvement et c’est dans ce contexte favorable à la convergence des luttes et à l’unité que la CNT intègre l’intersyndicale de l’éducation (à dominante 1er degré et plutôt centré sur le département du Nord)…

Une affaire individuelle... aussi !

Cette intégration est facilitée par plusieurs facteurs personnels, pas forcément anecdotiques. Eric Dussart, le camarade qui représente le CNT SSEC 59-62 aux réunions de l’intersyndicale, a milité pendant un temps au sein du courant "Ecole Emancipée" et il connaît bien deux responsables du SNUIPP-FSU, membres de ce courant. Ayant également fait un bref passage au SGEN-CFDT, il a de bonnes relations avec les personnes qui représentent cette organisation à l’intersyndicale. Instituteur comme lui, l’un d’entre eux refuse d’ailleurs l’inspection-notation depuis plusieurs années. Du côté de la CGT-éducation, la CNT bénéficie aussi d’un a priori favorable. Un membre de la famille de l’un des principaux responsables du SDEN-CGT a été adhérent à la CNT et le sérieux de notre travail syndical a été constaté. Par ailleurs, l’animateur du Comité des Sans-Papiers du Nord est un militant actif du SDEN-CGT et il apprécie le soutien qu’apporte la CNT aux sans-papiers. Quant au SE-FEN (aujourd’hui UNSA), ses délégués semblent un peu surpris de la présence de la CNT (dont ils ignoraient l’existence), mais ils connaissent bien l’histoire du mouvement ouvrier et ne remettent pas en cause la légitimité d’une participation anarcho-syndicaliste et syndicaliste révolutionnaire à l’intersyndicale. Finalement, seuls certains délégués du SNUIPP-FSU et du SNES-FSU membres du courant U&A (Unité & Action, proche du PC) semblent irrités par notre arrivée. Mais, U&A est divisé en interne (tout comme le PC) et cette division a des conséquences quant au regard que les militants U&A portent sur la CNT. Les plus à gauche d’entre eux apprécient notre positionnement "lutte de classes". Quant à son principal responsable, il "avoue" à notre camarade Éric que la vue du film "Land and freedom" de Ken Loach (qui est sorti sur les écrans un mois auparavant) l’a beaucoup marqué et qu’il éprouve quelques remords quant à l’attitude du PC vis à vis de la CNT pendant la guerre d’Espagne en 36…

Après 1995

Entre 96 et 99, après la lutte contre le plan Juppé, l’intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais va être confrontée à de très nombreuses suppressions de postes, dans le premier degré notamment. Les années 1996, 1997, 1998, 1999… sont des années noires en terme de fermeture de classes dans l’académie de Lille. Une fois encore, la violence des attaques gouvernementales favorise l’unité syndicale et la CNT participe régulièrement à l’intersyndicale. Cette dernière est une structure souple et mouvante. FO n’y est présente que de manière épisodique. Le SE-FEN s’en écarte dès l’approche des élections paritaires afin de mieux marquer sa différence avec le SNUIPP-FSU. SUD-éducation, un nouveau venu issu du mouvement de novembre-décembre 95, y fait son entrée. Quant à la CNT, elle participe aux réunions, y prend la parole, y glane des informations, fait des propositions et co-signe les textes avec lesquels elle n’a pas de désaccord fondamental. Le retour de la gauche au pouvoir et nos critiques vis à vis du gouvernement vont un peu geler nos relations avec la plupart des organisations membres de l’intersyndicale, mais la sortie d’Allègre sur le "dégraissage nécessaire du mammouth" et son "élimination à la Kalachnikov des syndicats" va susciter à nouveau un fort mouvement unitaire.

Pas de second degré...

Dans le second degré, une autre intersyndicale se réunit régulièrement à l’instigation du SNES-FSU, mais la CNT n’y est jamais invitée. La CNT mène un combat pour la titularisation sans concours des précaires et cela semble gêner le SNES au plus haut point. La CNT, alors active dans le "collectif contre la précarité" qui regroupe des syndiqué-e-s CNT, SNES et CGT mais surtout des non syndiqué-e-s (qui rejoindront la CNT ou donneront naissance à SUD), s’invite aux intersyndicales du second degré. Lors des mouvements contre la politique d'Allègre-Royal (Ségolène était ministre déléguée dans le ministère de Claude), la CNT participe aux AGs de la grève reconductible alors que la CFDT et la FSU (et son SNETAA) freinent des quatre fers. On se heurte dans les années qui suivent au refus systématique de l'intersyndicale (y-compris la CGT) de reconnaître les collectifs (celui contre la précarité comme celui des MI-SE ou celui des emplois-jeunes).

L'intersyndicale "s'émancipe" ?

La désignation d’un nouveau secrétaire académique à la tête du SNES 59/62 va changer la donne. Une camarade du SNES (tendance Ecole Emancipée) qui entretient de bons rapports avec plusieurs militants de la CNT intervient auprès de ce nouveau secrétaire en lui parlant de pluralisme syndical et de démocratie et, malgré quelques réticences, la porte de l’intersyndicale du second degré s’entrouvre.

Et cette intersyndicale de l’éducation (plutôt centrée sur le département du Nord et à dominante premier degré même si, à l’exception du SNUIPP, tous les autres syndicats sont des organisations inter catégorielles) voit l’arrivée du représentant régional de la FSU (pas opposé à notre présence) et se transforme en intersyndicale de l’éducation au sens inter professionnel et régional du terme. Salaires, emploi, précarité, retraites, ZEP, service public… les revendications sont multiples.

Pas de retraite en 2003

Les mouvements du printemps 2003 contre la réforme du régime des retraites voient les rangs de la CNT grossir fortement avec l'arrivée de plusieurs non-syndiqué-e-s et d'ex syndiqué-e-s à la CFDT (signature coup de poignard) et au SNES (non blocage du BTS en mai puis du Bac en juin 2003) et de nombreuses AGs de bassins (cf. note 2) voient le jour en parallèle de ces intersyndicales, mais restant tout de même sous le contrôle des syndicats croupions (sans UNSA ni CFDT), les locaux étant mis par eux à disposition à la Bourse du travail.

Les syndicalistes "traditionnels" ont donc pu côtoyer des cénétistes en nombre croissant, d'abord dans les nombreuses manifestations, grèves (la CNT est très active dans les premiers bahuts en grève), AGs de bassin et leur "représentativité" sur le terrain y a été validée. Comme par exemple à la manifestation du 1er mai 2006 sous la pluie ou le vaste cortège CNT est venu à point étayer la faible mobilisation des autres centrales. Ils les ont ensuite rencontré-e-s comme mandaté-e-s de la CNT au sein de l'actuelle Inter-syndicale Education Nord Pas De Calais (premier et second degré, qui existe et fonctionne bien depuis 2002 dixit le SNES). La rotation des mandats cénétistes y a très bien fonctionné comparativement à la permanence des "permanent-e-s" des autres centrales (hormis SUD Education).

A chacun son tour...

C'est d'ailleurs un des points positifs de la participation CNT à ces intersyndicales: faire une publicité par les faits aux principes de mandatement (ouverts ou fermés) et de rotation des mandaté-e-s en vigueur dans l'anarcho-syndicalisme. Un autre point positif est que ces inter-syndicales ont permis aux mandaté-e-s de se former au décodage du langage syndical, très utile en ces périodes pré-électorales propices aux envolées prometteuses (Anecdote : "on ne peut attendre, l'appel à grève proposé par le SNES pour dans 15 jours est trop éloigné, il faut une action forte de suite" dit la CFDT. La CNT embraye, forte du soutien espéré de SUD, de la CGT et de la CFDT et propose un appel à une grève plus proche et reconductible... La CFDT corrige de suite en précisant que, par action forte, elle pensait à une diffusion de tracts!). La visibilité CNT et son ancrage syndical y ont aussi été renforcés: place reconnue (tirage au sort) dans les manifestations, sigle CNT sur certains tracts, appels et sur les banderoles intersyndicales, implication reconnue de la CNT dans un contexte syndical stricto-sensu. Enfin lors de la répression anti mouvement social (CPE, refus de prélèvement ADN, RESF,...), ces intersyndicales ont aussi été un lieu privilégié pour des demandes de soutien "institutionnel".

Ni singer, ni signer systématiquement !

Tous les textes issus de ces intersyndicales n'ont pu être acceptés ni co-signés, loin de là, par le CNT SSEC 59-62 et ceux qui l'ont été auraient pu avoir été écrits par la CNT elle-même. A remarquer enfin que le CNT SSEC 59-62 a du s'excuser plusieurs fois par manque de volontaires. En effet, il ne faut pas se voiler la face, participer à ces intersyndicales n'est pas emballant (Jacques 5 janvier 2005), pas passionnant (Jacques 12 janvier 2006), voire chiant (Chris 23 septembre 2006), et l'on y côtoie la bureaucratie syndicale dans toute sa splendeur, ses permanent-e-s, ses déchargé-e-s, leur langue de bois et leurs extrêmes réticences et oppositions à peine cachées lorsqu'il y a risque d'emballement du conflit, comme lors de la lutte anti-CPE de 2006 (les centrales enseignantes et l'UNEF étaient contre le blocage, faussement jugé comme impopulaire alors qu'il était indispensable pour garantir la non pénalisation des grévistes aux examens par des profs faisant cours devant 2-3 élèves) ou lors de la tentative de blocage du Bac en 2003 (une trahison des centrales qui ont fini par appeler, tardivement et discrètement, après avoir pendant plusieurs mois clamé haut et fort qu'elles ne voulaient pas se servir de ce moyen d'action. Cette capitulation a au moins servi aux intermittent-e-s du spectacle dans leur décision de bloquer les festivals lors de l'été 2003 pour faire reconnaître que c'est eux et non les restaurateurs et autres commerçants qui font les festivals). Notre absence à certaines réunions intersyndicales s'explique aussi par le fait que ces réunions ont parfois lieu pendant le temps de travail (problème pour la CNT qui n'a pas de permanent-e-s ni de déchargé-e-s).

CNT-SSEC 59/62, le 3 février 2007.

Notes :

1) Le plan Juppé prévoyait le financement et la gestion de la Sécurité sociale par l'État ainsi que l'institution d’un nouvel impôt de 0,5% sur les revenus (RDS). Il prônait la maîtrise comptable des dépenses de santé et prévoyait aussi de supprimer l'abattement de 20% sur le revenu imposable de tous les salariés. Enfin et surtout, ce plan était une attaque en règle contre les fonctionnaires et les travailleurs du secteur public, car il prévoyait la remise en cause des régimes spéciaux et l'augmentation de 37,5 à 40 ans de la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite entière. Ce plan va provoquer dans le secteur public la plus grande grève jamais connue depuis 1968. Un mois après la présentation de son plan à l’assemblée nationale, Juppé est obligé de céder sur les retraites des fonctionnaires et sur la suppression de l'abattement de 20%…

2) Les AGs de bassin, issues du printemps 2003, "inter-pro" à l'origine (profs, personnels ATOS, élèves, parents, ..., salarié-e-s) ont plus ou moins persisté depuis, au moins par le biais des quelques listes de diffusion Internet qui continuent à fonctionner, Lille, Roubaix-Tourcoing et Béthune (cf. note 3) et malgré le discret boycott des représentants syndicaux (ils y sont inscrits, pour se tenir au courant mais n'y interviennent pas, sûrement pour ne pas accroître l'influence de ces listes). Ces AGs de bassin constituent un lieu de contre-pouvoir aux décisions prises par les bureaux nationaux et un lieu d'échange d'informations parfois en provenance des centrales (chiffres sur les suppressions de postes, décryptage des décrets et textes de loi, ...) mais aussi en relation avec notre métier (signification des nombreux acronymes abscons de l'E.N., DHG, HSA, CPA, ...) au même titre d'ailleurs que les inter-syndicales. Elles permettent aussi aux militants de base de se rencontrer et d'essayer d'élaborer des actions communes, "unitaires", hors chapelles, sectes, partis ou syndicats, et pour ces derniers de tenter d'oublier les luttes électorales pour les postes de cogestion représentative.

En ce qui concerne Béthune, l'AG de bassin (et sa liste de diffusion) continue de se réunir au grès des mouvements (Fillon-2005, CPE-2006, De Robien-2007) avec des "représentant-e-s" de CNT, FCPE, SNES, SNUIPP, SUD lycéen-ne-s et quelquefois une enseignante ou des métallos CGT. Elle a été à l'initiative de quelques rassemblements, diffusions de tracts communs, conférences de presse et manifestations sur Béthune. Son caractère "interpro" évolue au grès des mobilisations, fort lors du mouvement sur les retraites ou lors du mouvement anti-CPE, plus faible en général, avec pour la CNT, la forte implication du syndicat CNT SEP (Sans Emploi et Précaires) du Béthunois en particulier lors du mouvement anti-CPE de 2006. Ces AGs se déroulent à la maison des syndicats de Béthune, dans la salle de réunion face au local CNT. La CNT est d'ailleurs le seul syndicat, hébergé à la maison des syndicats, à assister à ces AGs (FO, CFDT n'ont jamais participé, FSU et SUD n'y ont pas de locaux, comme l'UNSA, le SNALC et tous les autres qu'on n'y a jamais vu) et ces dernières se font donc systématiquement grâce et sous l'aile protectrice de la CNT qui ouvre les portes, voire le bal.




"CLASSES EN LUTTE",
bulletin mensuel de la fédération CNT des travailleur-ses de l'éducation

Vous pouvez télécharger le bulletin au format pdf (en cliquant sur le mois) et/ou consulter les articles en ligne (en cliquant sur l'adrese http).

N'hésitez pas à imprimer les fichiers PDF et à les photocopier (de préférence au format A3 ; ce sera plus lisible).


- n° 94 d'octobre 2008
(fichier pdf de 8,84 Mo)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=209


- n° 93 de septembre 2008
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- n° 92 de juin 2008
(fichier pdf de 710 ko)

- n° 91 de mai 2008
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- n° 90 d'avril 2008
(fichier pdf de 424 ko)
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- n° 89 de mars 2008
(fichier pdf de 445 ko)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=177

- n° 88 de février 2008 (fichier pdf de 321 ko)
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- n° 87 de janvier 2008 (fichier pdf de 432 ko)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=167 

- n° 86 de décembre 2007 (fichier pdf de 803 ko)
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- n° 85 de novembre 2007 (fichier pdf de 322 ko)
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- n° 84 d'octobre 2007 (fichier pdf de 1,61 Mo - numéro spécial de 4 pages)