La fédération CNT PTT est un syndicat appartenant à la Confédération Nationale du Travail qui regroupe des syndicats du secteur privé et du secteur public. La CNT a été fondée en 1946. Ses militants se sont inspirés de l'action de la CNT espagnole pendant la guerre contre le franquisme entre 1936 et 1939 ainsi que de l'action de la CGT-SR en France (organisation ayant existé entre 1922 et 1936).
L'indépendance
La CNT est autonome vis à vis de l'état, des partis politiques et des sectes diverses. Le syndicalisme n'a pas, comme c'est trop souvent le cas, à être une courroie de transmission d'un parti. C'est l'intérêt même des travailleurs qui est alors desservi au profit des idées ou stratégies d'une chapelle. La CNT est autonome vis à vis de l'état, des patrons et de la finance. Sa seule source de revenu est celle de ses cotisations. Force est de constater que la CNT est la seule organisation syndicale, à ce jour, dans ce cas de figure. Il est à noter que cette indépendance est d'ailleurs l'une des conditions définies dans le code du travail pour la représentativité syndicale. Cette autonomie nous permet de ne pas nous présenter à des élections "bidons" qui ne sont, en fait, qu'une source de bénéfices ou d'avantages pour les syndicats.
Le refus des permanents
Tous les adhérents et militants travaillent dans un service car nous refusons le rôle de permanents syndicaux dont certain le sont à vie. Le risque représenté par les permanents est de perdre le contact avec la réalité : Ils ne sont, en effet, plus assujettis aux même contraintes que leurs collègues dans les services et ils peuvent aussi se sentir investis d'un pouvoir de décision qui ne leur appartient pas.
Autogestionnaire
La CNT privilégie les décisions collectives. En rupture
avec le modèle imposé par le patronat et l'état, la
CNT refuse la cogestion et la collaboration de classe. Le
rôle du syndicat est d'apporter des opinions, des éléments
d'analyse et des projets aux travailleurs, de les soutenir, les mobiliser
et porter leurs revendications. C'est pourquoi, à La Poste
ou France Télécom, comme dans l'ensemble de la fonction publique,
la CNT refuse de participer aux organismes paritaires et conseils d'administration.
Etre utilisé avec une voix qui n'est que consultative, c'est faire
croire à nos collègues que le dialogue social est une réalité
alors qu'en fait, les directions ne font que ce qu'elles ont décidé
et ne cèdent que face à la lutte et à la détermination.
La CNT n'est pas un outil de gestion des exploitants ! Elle considère
que le syndicalisme doit d'abord se mener sur le terrain, au côté
de tous les collègues. C'est pourquoi le refus
de permanents, détachés et payés par le patron,
dont la fonction se confine à un rôle de spécialiste,
servant, de fait, de courroie de transmission aux décisions des
directions. Les exploitants l'ont tellement bien compris qu'ils ont réservé
des E.D.A. syndicaux aux permanents des syndicats. C'est par la présence
aux côtés des collègues, dans les mêmes conditions
de travail que les syndicalistes de la CNT interviennent. Le rôle
du syndicat est aussi de défendre les travailleurs individuellement
face aux diverses pressions et répressions qu'ils subissent. Dans
ce cadre, la CNT ne s'érige pas en tant que juge des travailleurs
dans les C.A.P. et Conseils de Discipline, mais elle assure leur défense
devant toutes ces instances. Les décisions prises par la CNT
sont issues de ses adhérents réunis régulièrement
en assemblées générales.
De la même manière, dans les luttes où elle intervient,
la CNT impulse l'assemblée générale du personnel pour
que celui-ci garde le contrôle intégral de ses revendications
: lors de négociations, la CNT s'en remet
toujours à l'assemblée générale. Pour
une efficacité maximum des actions entreprises, la CNT préconise
l'unité des travailleurs et de leurs organisations syndicales autour
des revendications exprimées.
Le fédéralisme et le projet global
Nous avons constaté une trop grande bureaucratisation et un trop
grand centralisme des syndicats existants : L'état-major parisien
décide et les troupes doivent suivre. Dans notre syndicat, les sections
et syndicats locaux ont une large autonomie : C'est
une volonté de décentralisation, de rotation des tàches.
Le syndicalisme de la CNT ne se situe pas seulement dans l'entreprise.
C'est aussi une pratique dans les quartiers, dans la vie quotidienne pour
épauler ceux qui passent des phases difficiles. Un syndicalisme
différent c'est aussi une façon de vivre différement
le quotidien. C'est la solidarité et la lutte auprès des
expulsés, des sans logis, des chômeurs, pour des transports
en commun efficaces et économiques, pour un environnement écologique,
contre les idées xénophobes et racistes. Alors que la CNT
lutte pour une société au service des individus, le système
capitaliste, lui, établit une société inégalitaire
au service de son seul profit. La CNT oeuvre pour une transformation radicale
de la société et agit pour l'égalité sociale
entre tous. LA CNT développe l'Internationalisme. Elle est aussi
un choix interprofessionnel car nous refusons le corporatisme. C'est dans
ce cadre global que la CNT inscrit son action et c'est dans son propre
mode de fonctionnement, dans les entreprises et les quartiers qu'elle place
son intervention. La CNT est un syndicat de combat, autogestionnaire dans
ses projets. Le nécessaire partage des richesses
(comme des contraintes) entre tous implique une réappropriation
par tous de tout ce qui constitue une société organisée
: production, consommation, rapports sociaux, culture, etc... Le
courant de pensée dans lequel la CNT se reconnait, anarcho-syndicalisme
et syndicalisme révolutionnaire, a montré par le passé
que des conquètes étaient possibles juqu'à l'élaboration
de modèles de société comme le fit la CNT d'Espagne
en 1936.
L'avenir étant ce que nous en ferons, tous ensemble, un "autre futur", basé sur l'égalité sociale et économique et fondé sur la gestion directe de l'économie par les producteurs eux-mêmes, est possible !
Si tu veux agir pour cet "autre futur", rejoins la CNT !