Ils nous veulent esclaves !

Chaque jour, nous apprenons un nouveau plan de licenciement : que ce soit à Alsthom, ST, Peugeot, etc. Plutôt que de lutter contre ces licenciements et aider les chômeurs, le gouvernement préfère multiplier les attaques contre les travailleurs et les chômeurs : que ce soit la remise en cause de la retraite par répartition, le jour férié en moins, la remise en cause des services publics, les attaques contre les travailleurs sans-papier, la remise en cause du statut d’intermittent, la possibilité de remettre en cause les conventions collectives entreprise par entreprise, l’augmentation des frais hospitaliers, les lois sécuritaires contre les pauvres, etc. impossible de citer toutes les mesures mises en place au profit du patronat et à notre détriment.

Nous avons affaire à un gouvernement de petits soldats au service du MEDEF, un gouvernement de délinquants qui volent aux pauvres pour donner aux riches.

Et pour les travailleurs licenciés, pour des centaines de milliers de chômeurs, on remet en cause les droits aux ASSEDIC. Que ce soit par le protocole d’accord sur l’indemnisation du chômage du 20/12/2002 signé par le MEDEF, la CFDT, la CGC et la CFTC (entré en vigueur le 1er janv. 2003) qui va amputer des mois d’indemnisation pour plus de 800.000 chômeurs dès janv. 2004, et multiplier les radiations anticipées des ASSEDIC pour environ 300.000 chômeurs et la réduction draconienne de de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité) qui va toucher 130.000 chômeurs au 1er juillet 2004 !

Travailleurs licenciés qui se retrouvent au chômage, chômeurs radiés qui se retrouvent au RMI… Et voilà le projet de RMA (Revenue Minimum d’Activité) pour soi-disant « insérer professionnellement les RMIstes ».

- Ce RMA est en fait une nouvelle forme de travail précaire : 6 mois renouvelables deux fois (18 mois au total) pour un temps partiel (20 heures minimum). Et cela pour un coût défiant toute concurrence pour le patronat : entre 2,70 et 4,30 Euros de l’heure, toutes charges comprises (le patron donnera 130 Euros sur un salaire de 545 Euros pour le travailleur)

- Et pire que tout, dans le cadre du RMA, il ne s’agit plus d’un contrat de travail entre employeur et salarié, mais d’une « mesure d’insertion » entre un « tuteur » (le patron) et un « bénéficiaire » (le travailleur). Aussi, si le patron se plaint que le salarié au RMA ne respecte pas « l’action d’insertion », il peut lui suspendre le versement du RMI. Que deviennent les libertés syndicales ? Le droit de grève ? Ou simplement la possibilité de déplaire à son patron ?

Le projet RMA remet en cause le SMIC et le code du travail ! Loin de favoriser « l’insertion », il prépare de nouveaux plans de licenciement puisqu’il offre au patronat une main d’œuvre corvéable à merci et qui ne coûte presque rien.

Si on voulait être cynique on pourrait imaginer que X, licencié d’une usine Y, se retrouve radié des ASSEDIC, finit par demander le RMI, et se retrouve en fin de parcours RMAste dans son ancienne usine.

Ils nous veulent dociles et bon-marchés. Leur conception de la démocratie est : travaille ou crève et ferme ta gueule !

Organisons-nous pour stopper les projets du gouvernement et de l’UNEDIC (contre le RMA, pour le maintien des droits à l’ASSe et aux ASSEDIC), pour lutter contre la précarité, les boites d’intérims, pour une véritable réduction du temps de travail sans baisse de salaire ni flexibilité.

Les gouvernements qui se suivent ne peuvent rien nous apporter, ce ne sont que les valets du patronat et des actionnaires. L’émancipation des travailleurs (avec ou sans emploi) ne peut venir que des travailleurs eux-mêmes.

La CNT, syndicat autogestionnaire et sans permanent, sera de ce combat partout où elle se trouve pour mettre fin au système capitaliste et en construire un nouveau plus juste, plus égalitaire, autogestionnaire.