Contre le PARE, contre le terrorisme patronal !
La CARE est la nouvelle convention ASSEDIC, signée entre les partenaires sociaux, qui met en place, entre autre, le PARE.
Le PAP, plan d’action personnalisé est un contrat signé entre l’ANPE et le chômeur. Celui-ci doit préciser vers quel emploi il souhaite orienter ses recherches et les moyens logistiques dont il a besoin. L’ANPE doit lui fournir ces moyens.
Le PARE est un contrat signé entre l’ASSEDIC et le chômeur. Le chômeur s’engage à respecter le PAP et l’ASSEDIC s’engage à lui verser des indemnités devenues non dégressives. Le PARE est obligatoire pour les chômeurs éligibles à l’indemnisation, inscrits comme demandeurs d’emploi à partir du 1er juillet 2001. Les autres chômeurs indemnisés, inscrits comme demandeurs d’emploi dans la période précédent le 1er juillet 2001, peuvent opter pour l’application des dispositions (PARE, PAP) de la présente convention (Art 10 §1, §2).
Le PARE entre en application le 1er juillet 2001.
C’est l’ASSEDIC qui veille au respect du dispositif, puisque c’est elle qui tient le porte-monnaie.
Des entretiens périodiques seront instaurés lors de la signature du PAP. Leur fréquence sera définie dans le contrat, c'est-à-dire imposé lors de l’entretien approfondi à l’ANPE que subira le chômeur dans son premier mois de chômage. Le texte ne fixe pas de périodicité. Un entretien par semaine ?
On peut craindre le pire quant à cet entretien puisqu’il est " l’occasion d’apprécier le degré d’autonomie du demandeur d’emploi " (art 14, § 2). En français cela veut dire que les chômeurs sont un peu simplets et un peu lent à la détente, voir même des feignants. Il s’agit de t’avoir à l’œil camarade chômeur !
Après 6 mois, si le chômeur n’est pas réinséré, le projet est redéfini, c'est-à-dire que le chômeur sera invité à revoir sa copie sous la pression que chacun sait amicale et bienveillante de l’ANPE et de l’ASSEDIC. Encore 6 mois plus tard, le projet est à nouveau revu : " l’ANPE doit accentuer ses efforts pour reclasser l’intéressé ", y compris en incitant financièrement les patrons à embaucher (Art 17, § 3). Par ailleurs, " de nouvelles mises au point ont lieu jusqu’à l’aboutissement de l’action de retour à l’emploi. " (Art 18).
En cas de non-respect du contrat par le chômeur, c'est-à-dire s’il ne s’applique pas avec assez d’assiduité dans sa réinsertion, l’ASSEDIC en partenariat avec l’ANPE instruira un dossier proposant à l’état (Direction Départementale du Travail et de l’Emploi) de le radier de l’assurance chômage, temporairement ou définitivement.
Dernière trouvaille managériale du MEDEF instaurant un véritable flicage social, cautionnée par ses larbins syndicaux et le gouvernement, le PARE ne vise pas à lutter contre le chômage mais à lutter contre les chômeurs indemnisés. Dans un premier temps, faire endosser la responsabilité morale du chômage aux chômeurs, dans un deuxième temps, faire pression pour leur faire accepter tout et n’importe quoi sous la menace de leur couper les vivres.
Les véritables buts de la convention CARE sont donc :
On peut lire dans le texte de la convention CARE ces tristes lignes : " les partenaires sociaux, responsables de l’assurance chômage considèrent qu’ils sont compétents pour définir les solutions les mieux adaptées aux problèmes posés par la situation de l’emploi. Les partenaires sociaux réaffirment leur attachement à la politique contractuelle et au paritarisme pour faire vivre un contrat collectif source de progrès social. "
La CNT constate surtout la capacité des partenaires sociaux signataires à trahir les intérêts des travailleurs. La collusion avec le patronat mène tôt ou tard à traîner dans la boue le nom de syndicat. Plus que jamais, le paritarisme est une impasse qui ne doit pas faire illusion. Il ne peut suppléer à un puissant rapport de force contre le patronat. Ce rapport de force dans les entreprises ou dans la rue, sera le seul garant des intérêts des exploités contre les exploiteurs.
La CARE et le PARE sont la clef de voûte de la " refondation sociale " chère au MEDEF. Il s’agit pour les patrons de généraliser à court terme :
Il s’agit donc, tout simplement, ici pour le MEDEF, de détruire le peu d’acquis sociaux qu’il nous reste, de rendre caduque le Code du Travail…Et il continue notamment avec la retraite, souhaitant à la fois augmenter la durée de cotisation (45 années), ainsi que l’âge où on peut la prendre (65 ans)…
Bref, pour ces gens là, le paradis sur terre, c’est l’Angleterre, les Etats-Unis… avec ses riches libres de commercer et d’exploiter des salariés, ses pauvres libres de signer des contrats de travail de merde pour un boulot de dingue payé des miettes, et des périodes de chômage indemnisé raccourcies. Il faut bien que les pauvres s’adaptent à la flexibilité des marchés et aux contraintes des entreprises ! Enfin le PARE est à la fois la fin du chômage et la fin des chômeurs. Loin de mettre un frein à l’exclusion, celui-ci va déclencher une vague de radiations du système d’assurance chômage et donc une explosion de la misère. Parallèlement, le nombre des chômeurs comptabilisés en tant que tels va chuter et le gouvernement pourra fanfaronner.
La lutte contre le PARE, le CARE n’est pas finie ! Le gouvernement a en effet renoncé à introduire l’amendement nécessaire dans le projet de loi de modernisation sociale (permettant la mise en application du PARE) dont l’examen commençait le 9 janvier 2001, à l’assemblée nationale, (introduction de l’amendement reporté à mars 2001).
La lutte contre la nouvelle convention UNEDIC continue donc, celle, contre le projet du MEDEF concernant la retraite ne fait que commencer !
Le patronat veut nous isoler pour mieux nous tondre. Regroupons-nous pour lui résister, récupérer nos droits perdus et en conquérir de nouveaux ! Seule la lutte paie, les négociations de salon ne servent à rien !