RMA : Le cadeau de trop au patronat!
Alors qu’il n’y a pas un jour sans qu’on apprenne
un nouveau « plan social », que des milliers de salariés
sont licenciés, l’Etat et patronat multiplient les agressions contre
les chômeurs : après le chômage de masse, ils ont créé
le RMI de masse. Mais cela ne suffisait pas, l’accord sur l’indemnisation
du chômage, signé en décembre 2002 par le MEDEF, la CFDT,
la CGC et la CFTC réduit la durée d’indemnisation de milliers
de chômeurs, et va entraîner la radiation des ASSEDIC de plus
de 250.000 chômeurs en fin de droit.
La dernière innovation en date,
le RMA (Revenu Minimum d’Activité) instaure l’esclavage légal.
Le projet de loi, voté le 28 mai en première lecture au Sénat,
sera discuté mi-novembre à l'Assemblée. François
Fillon a annoncé que la mise en œuvre du RMA, prévue pour janvier
serait retardée "de quelques semaines" et la réforme de l’ASS
repoussée à juillet 2004.
C’est aujourd’hui qu’il faut se battre contre
ces mesures médiévales, elles remettent en cause toute l’organisation
du travail, vont créer une classe de travailleurs corvéables
à merci, pieds et poings liés au patronat et provoquer la précarisation
de tous les travailleurs.
Qui paye ?
A la différence des anciens statuts précaires (financés
par les impôts et taxes) pour lesquels l’argent restait dans le domaine
public (CES, CEC, emplois-jeunes…) ici des entreprises privées pourront
toucher directement le RMI et le reverser au RMAste majoré de 130€.
A qui profite le crime ?
Ce nouveau type de contrat permettra aux employeurs de bénéficier
"d'une aide substantielle permettant de réduire significativement
les coûts salariaux" (projet de loi). En versant seulement 130€ le
patron deviendra « tuteur » d’un RMAste esclave à 3€ brut
de l’heure, qui sera tenu d’accepter un emploi de 20h00 par semaine minimum,
pendant 6 mois, renouvelable 2 fois, pour1/2 SMIC (545€) à la place
de son ancien RMI. Des entreprises peuvent ainsi disposer de 6 RMAstes
contre 1 Smicard à 1200€... Ce sont les bénéfices qui
vont s’envoler !
On se demande quel patron sera assez dingue pour embaucher des smicards «hors
de prix »...
Le retour du travail obligatoire
Géré jusqu'à présent par l’Etat, le
dispositif RMI/A passe, décentralisation oblige,
sous la tutelle du président du conseil général qui
peut décider de déléguer cette gestion à ses
potes maires. Ca facilitera la délation/radiation des RMIstes
« inactifs ». Et tant pis pour ceux qui auront un Conseil Général
FN dans six mois… Avec le RMA, le travail deviendra une "action d'insertion",
le patron "tuteur" contrôlera le salarié devenu un "bénéficiaire".
L'employeur attestera tous les 3 mois au "référent" que "l'action
d'insertion" est suivie dans les règles, si ce n’est pas le cas, le
versement du RMI sera suspendu. Ainsi cette nouvelle caste de salarié
n'a ni le droit de grève, ni le droit de déplaire à
son patron. Au choix : travail obligatoire ou suppression de toute ressource.
Baisse générale des
salaires et désintégration du droit du travail
Le RMAste travaillera comme un vrai salarié mais n'aura pas un vrai
salaire.
Il ne cotisera que sur la base de 130€ : Pour ouvrir des droits à
la retraite, il faudrait travailler 160 ans à ce régime !
Il n’aura aucun droit au chômage, aucune indemnité journalière
en cas d'accident ou de maladie…
Les salariés, en payant le RMA avec leurs cotisations sociales, payent
leur propre concurrence sur le marché du travail. Bravo !
« Quand on a pressé le citron, on peut jeter la peau… »
Refusons de voir s’étendre la pauvreté et l’esclavage
!
Refusons le RMA !
POUR UN AUTRE FUTUR, ORGANISONS-NOUS !