RETRAITES
: ILS VEULENT NOUS TUER
Mis en place en 1945, le régime solidaire de répartition
est aujourd'hui la cible des intérêts financiers
GREVE
GENERALE RECONDUCTIBLE
Sommaire
Edito
Historique du système
par répartition
La logique du système
par répartition
Pourquoi les patrons n'en veulent
pas
Cotisations sociales, kézaco???
Casser la répartition:
leurs arguments, nos réponses, nos propositions
Les fonds de pension
Détournement de
fonds sociaux
Revendications
Le syndicat interprofessionnel
de la presse et des médias
Documents:
Assistance,
assurance et protection sociale, excellent article sur répartition/vs
charité publique (Vie publique, site gouvernemental)
Crise
financière : échec des partenaires du Pare, analyse d'une
destruction programmée de l'UNEDIC (AC)
Est-il
encore utile de voter après le sommet de Barcelone, Bernard
Cassen (paru dans Le Monde diplomatique d'avril 2002
Relégitimer
la gestion syndicale, Bernard Friot (site de Rouge, hebdo de la LCR)
Vive la repart!
site monté par Michel Husson, beaucoup de textes et de liens sur
la répartition.
"On en a, de
la chance ! En France, on a un bon système de protection sociale.
Santé, retraite, chômage, c'est pas comme les USA"
On a de la
chance ? Non, on n'a pas de chance, nos parents, nos grands-parents
se sont battus. Et si aujourd 'hui, tout de suite, maintenant, on ne se
bat pas à notre tour, notre "chance" ne sera bientôt qu'un
mauvais souvenir. Sceptique ? Lisez attentivement ce 4 pages.
Se battre
pour quoi? Pour nous, notre protection sociale, pour les collègues
précaires, pigistes, rouleurs, intermittents ou intérimaires.
Pour les victimes que nous croisons chaque jour dans le métro, sales
et puantes, ou "restées propres". Pour nos enfants, pour ceux des
autres.
Ici, maintenant.
Pour ne plus avoir à baisser les yeux, impuissants. D'autres sont
en grève. Leur lutte rend possible la nôtre, rend possible
la victoire. Impulsons des assemblées générales dans
nos rédactions, nos ateliers, nos bureaux, avec l'aide des délégués
du personnel et des syndicats si possible, appelons à la grève
générale reconductible, jusqu'à l'abrogation de la
réforme Balladur de 1993.
Syndicat de
la presse et des médias
Historique du système par répartition
La revendication d'un régime par répartition basé sur la solidarité des salariés entre eux, sur l'assurance de bénéficier de moyens de subsistances, naît avant tout des revendications ouvrières, et en particulier de la CGT syndicaliste révolutionnaire des origines, dont se réclame la CNT, qui, en 1910, opposait déjà les retraites par répartition aux retraites par capitalisation que le patronat était prêt à concéder.
1945 : La Sécurité sociale est créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la CGT compte plusieurs millions d'adhérents, elle est auréolée par son rôle dans la Résistance face à un patronat collaborationniste et désorganisé. La Sécu est gérée par des représentants élus, dont une majorité (3/4) de salariés. Elle couvre solidairement les différents " risques " : maladie, retraite, famille.
1953 : Retraite. Le gouvernement Laniel veut faire travailler les fonctionnaires jusqu'à 70 ans - déjà ! - Face aux 4 millions de grévistes, en plein été, il renonce.
1958 : Création de l'UNEDIC (Union nationale pour l'emploi dans l'industrie et le commerce). La création de la branche chômage ne s'était pas faite simultanément avec le reste de la Sécu, le besoin s'en faisant moins sentir dans une période de reconstruction, de plein emploi. Résultat : la caisse chômage n'est pas intégrée dans la Sécu, et dès sa création elle est gérée paritairement (50-50) par des représentants du patronat et des travailleurs (CNPF/CGT-CFDT-FO-CGC). C'est un " organisme paritaire ".
1967 : Sécu. Pompidou sépare les caisses
par risque : caisse maladie, caisse retraite, caisse familiale. Les cotisations
salariales et le ticket modérateur augmentent. Les représentants
des salariés ne sont plus élus mais désignés
par les syndicats de patrons et de salariés. On passe à la
parité entre patronat et salariés pour la gestion, comme
dans l'UNEDIC.
• Le patronat,
grâce au soutien de FO et de la CFDT qui cassent ainsi la place prépondérante
de la CGT, revient ainsi aux manettes de commande de l'organisme social
des salariés. Pour des intérêts d'appareil, des bureaucraties
syndicales bradent les intérêts des salariés.
• Quant
la séparation des caisses, elle représente la première
étape dans leur démantèlement : d'abord la logique
de solidarité entre les différents risques est écornée,
ensuite les inévitables déséquilibres ponctuels des
caisses ne pourront plus se compenser mutuellement, ce qui permettra de
les attaquer à tour de rôle.
1984 : Régime par répartition. Séparation
entre un régime dit " d'assurance ", financé par les cotisations
sociales, géré par les partenaires sociaux, et un régime
dit " de solidarité ", géré et financé par
l'Etat (article
de la Documentation française).
• L'utilisation
du terme " assurance ", pour désigner ce qui est en réalité
un système de répartition solidaire entre l'ensemble des
salariés, et a contrario de celui " solidarité ", pour désigner
ce qui est en fait l'institutionnalisation de la charité publique,
est fondamentale : d'abord, on prépare le terrain au remplacement
de la répartition par des assurances privées (fonds de pension,
etc.), ensuite on fait croire que " charité " = " solidarité
", avec substitution, à un droit basé sur la solidarité
des travailleurs, d'une œuvre de bienfaisance sans garantie de pérennité.
1988 : Charité publique. Mise en place du RMI (revenu
minimum d'insertion). Il est financé par les impôts et géré
par la CAF (caisse familiale de la Sécurité sociale).
• Développement
de l'arsenal de la charité publique, qui va permettre et accompagner
le démantèlement du système de solidarité entre
les travailleurs. Remarquons que les libéraux sont favorables au
RMI, mais uniquement dans les pays où existent des sytèmes
forts par répartition, car ils savent que cela aidera à leur
démantèlement.
1991 : Retraites. Rocard préconise l'allongement de la durée de cotisation : passage à 40 annuités pour tous.
1992-1993 : Chômage. Dégressivité
très fortement accentuée avec la mise en place de l'AUD (allocation
unique dégressive) ; institution de " journées de carence
" ; allongement des durées de cotisation pour ouvrir des droits
; " primo-demandeurs " de 16 à 25 ans exclus de l'indemnisation
; raccourcissement de la durée d'indemnisation ; exonération
de cotisations patronales jusqu'à 1,3 SMIC (encouragement aux bas
salaires).
• Désormais,
les attaques vont se succéder pour réduire progressivement
le champ d'application du régime par répartition. Maladie,
retraites, chômage en seront victimes tour à tour.
1993 : Retraites. Réforme Balladur pour les salariés du privé : passage de 37,5 à 40 annuités de cotisation pour une indemnisation à taux plein : effectif pour les départs en retraite à partir de 2003 ; calcul de l'indemnité sur les 25 meilleures années au lieu de 10 ; indexation des salaires de référence et des indemnités sur les prix à la place des salaires (les salaires augmentent plus vite que les prix) ; taux de remplacement à 42 % (au lieu de 46) en 2008.
1996 : Chômage. Redéfinition des " fonds sociaux " de l'UNEDIC, jusque-là employés à des aides d'urgence (logement, électricité, etc.) : ils augmentent de manière importante (1,2 milliards en 1996 à 1,6 milliards en 1997) mais sont désormais dévolus à la " formation " et au " reclassement ".
2000 : Chômage. Mise en place du Pare. Suppression
des AFR (allocation formation reclassement), c'est-à-dire des formations
longues et qualifiantes, au profit de formations courtes non diplômantes
; indemnités versées sous conditions (présence aux
entretiens, preuves des recherches d'emplois...) ; Assedic acquièrent
un droit de regard sur l'ANPE, transformée en simple prestataire
de service.
• Derrière
les formation courtes subventionnées par les Assedic (nos cotisations),
se cachent deux réalités : des formations bidons (quelques
exceptions mises à part), de quelques jours à quelques mois,
dispensées par des organismes spécialisés ; des "
formations " adaptées aux besoins particuliers d'entreprises, fournissant
ainsi de la main d'oeuvre presque gratuite au patronat, qui récupère
ainsi une partie de notre salaire, en se faisant financer par nos cotisations
!
• L'indemnité versée au chômeur est individualisée
et transformée en faveur, alors qu'il s'agit d'un droit collectif,
acquis par l'ensemble des travailleurs grâce à leurs cotisations.
2002 : Retraite. Jospin et Chirac négocient, lors du sommet européen de Barcelone, la liquidation à moyen terme des retraites par répartition et le développement de la capitalisation.
2002 : Chômage. 60 % des chômeurs ne sont
plus indemnisés par l'UNEDIC. L'accord
signé en décembre par la CFDT vise 300 000 chômeurs
supplémentaires. Il faut désormais avoir travaillé
au moins 6 mois au lieu de 4 pour ouvrir des droits, et la durée
maximale d'indemnisation tombe à 23 mois au lieu de 30 ; les mesures
pour les chômeurs de plus de 50 ans sont fortement réduites,
alors qu'ils n'ont que très peu de chance de retrouver du travail
; les cotisations retraite complémentaire des chômeurs augmentent
de 5,4 % des sommes perçues (3 % du salaire de référence)
; les cotisations salariales augmentent de 14,3 % pour les salariés
(elles passent de 2,1 % du salaire à 2,4 %) et seulement de 8,1
% pour les patrons (de 3,7 % à 4 %) ; suspension du versement des
indemnités en cas d'absence aux entretiens, (cela avait été
jugé illégal dans le cadre du Pare).
• Lors
de la création de l'UNEDIC, les cotisations patronales étaient
4 fois supérieures aux cotisations salariales ; aujourd'hui, elles
ne représentent plus que 1,7 fois celles des salariés.
• Avant
1983, 3 mois de cotisations ouvraient des droits pour 3 ans. Aujourd'hui,
il en faut 14 pour moins de 2 ans.
2003 : Maladie. Sans aucune concertation, 617 médicaments
passent brusquement d'un taux de remboursement de 65% à 35%.
• Cette
stratégie initiée dans les années 80 permet de combler
le déficit de la Sécu sans augmenter les cotisations patronales
et en préservant les intérêts des groupes pharmaceutiques.
• Cela
conduit à une diminution progressive de la couverture de base, donc
à une augmentation des tarifs des mutuelles qui seront de moins
en moins à la portée des pauvres : destruction programmée
du régime par répartition.
2003 : Retraites (projet). Plan Fillon (dit par des plaisantins " plan Fillon-Chérèque-Seillière "), baisse des indemnités de remplacement ; 40 annuités en 2013 ; 42 annuités en 2020 ; mise en place ensuite d'un allongement des annuités en fonction de l'évolution de la durée de vie ; instauration d'une décote pour les salariés du public.
Bilan :
Les années
80 ont vu l'asphyxie progressive du système par répartition,
orchestré par le patronat, soutenu par l'Etat. L'objectif est de
démontrer que le système est malade. Les remèdes proposés
le tuent à petit feu.
En
réalité, les faits marquants sont :
• Interventioon
injustifiable du patronat dans la gestion du régime.
• Très
importante baisse relative des cotisations patronales par rapport aux cotisations
salariales.
• Diminution
progressive de la sphère d'intervention du système par répartition,
au profit de système soit privés (assurances), soit relevant
de la charité publique (ASS, RMI...).
La
logique du système par répartition
La retraite
par répartition est liée aux idées de solidarité
et de répartition des richesses.
Cette idée
de solidarité inclut : tous les salariés cotisent obligatoirement
pour assurer l'existence de ceux qui ne peuvent participer, provisoirement
ou définitivement, à l'effort de production commun. Quelle
qu'en soit la raison : maladie, handicap, enfants à charge, chômage,
retraite… Chacun est ainsi assuré de pouvoir vivre dignement, quoi
qu'il arrive. Les exploités ne sont plus entièrement dépendants
des conditions que veulent imposer leurs exploiteurs. C'est un instrument
dans la lutte des classes.
Idéalement,
la solidarité s'exerce entre les différentes professions
et les différents risques, compensant ainsi des déséquilibres
ponctuels : un " régime général " pour tous les salariés,
une " caisse unique " pour tous les risques.
En soi, notre
système est donc contraire à la logique même de l'organisation
sociale sur le modèle capitaliste. Notre projet de société
est basé sur la solidarité, lorsque le capitalisme est basé
sur la domination par l'argent. La liberté de vivre dignement pour
tous s'oppose à la liberté des capitaux. La possibilité
donnée aux plus fragiles de vivre s'oppose à la possibilité
donnée aux plus voraces de dominer.
Ces deux visions
ne peuvent que s'affronter. Le capitalisme ne peut tolérer en son
sein l'existence d'un système qui lui est parfaitement contraire
et le bride. Ce système lui a été imposé par
la force, il veut le détruire par la force.
Pourquoi
les patrons n'en veulent pas
Plusieurs
raisons font haïr au patronat notre régime social.
1) Un choix de société idéologique.
Il est à l'antithèse de la volonté d'individualisation
du patronat (des salaires, des promotions, des formations...). Voir ci-contre.
2) Diminuer la part salariale pour accroître les profits.
Les cotisations sociales sont une part du salaire. Diminuer cette part
accroît la part du patronat (qui sert majoritairement à alimenter
les marchés financiers). A terme, comme c'était le cas avant
les années 1945, une protection sociale réservée aux
secteurs les plus combatifs, individualisée, et capitalisée.
Des salaires minimum insuffisants pour vivre, qui n'intégreront
pas des cotisations obligatoires (maladie, retraite, chômage), et
insuffisants pour cotiser à des caisses privées.
3) Accroître le capital financier.
Voir "Les fonds de pension". Les sommes gigantesques qui transitent dans
les caisses de répartition (2000 milliards de francs par an juste
pour la Sécu) sont redistribuées " immédiatement "
à ceux qui en ont besoin, les retraités, les malades, les
chômeurs, etc. Ces sommes servent la solidarité entre actifs
et inactifs, permettent de redistribuer une partie des richesses produites
à ceux qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent en produire
et souhaitent cependant vivre. Remplacer la répartition par la capitalisation
rendrait ces sommes disponibles pour les marchés financiers. Aucun
avantage pour les salariés (bien au contraire…), mais un afflux
fantastique d'argent frais pour les marchés boursiers.
Cotisations
sociales, kézaco ? ? ?
Les «
cotisations sociales » désignent les cotisations salariales
et patronales. Cette distinction cache une réalité identique
: c’est du « salaire socialisé ».
Une partie
du salaire versé pour le travail produit, alimente les caisses de
répartition : celles de la Sécurité sociale (maladie,
retraite...) et celle du chômage (UNEDIC). Cette part du travail
de l’ensemble des actifs permet à l’ensemble des inactifs de vivre.
Lorsqu’un actif est malade pendant un mois, il est alors inactif, et ceux
qui travaillent cotisent pour lui. A charge de revanche. Idem pour la retraite,
le chômage.
Les cotisations
sociales sont une part de notre salaire. « Cotisations patronales
trop lourdes », « allègement des charges sociales »,
signifient baisse de notre salaire. En 20 ans, la part des salariés
dans les richesses produites a baissé de 10 points.
En 1945, le
rapport des cotisations salariales aux cotisations patronales était
de 1 à 4. Il est aujourd’hui de 1 à 1,6 ! Ces 20 dernières
années, les taux de cotisation patronales ont augmenté de
1,8%, celles des salariés de 8,2 %. Il est temps de rattraper ce
retard, seule vraie cause de déséquilibre du système.
Casser la répartition : leurs arguments, nos réponses, nos propositions
Mouvement
des entreprises de France. Il est impossible d'augmenter les
cotisations sociales, un " seuil de tolérance " a été
atteint. Pour argumenter sur ce thème, le patronat agite deux mouchoirs
: compétitivité des entreprises françaises au niveau
mondial ; évocation démagogique des cotisations payées
par les salariés. Il présente des chiffres trompeurs : presque
50 % de prélèvement sur le salaire ; 12,5 millions de personnes
de plus de 60 ans aujourd'hui, 17 millions en 2020, et une espérance
de vie qui augmente.
Syndicat
interpro de la presse et des médias. Aux chiffres, répondons
par des chiffres.
• Ce que le
patronat " oublie " : ces augmentations de charges sociales sont à
rapporter à l'évolution constante du PIB : il a doublé
entre 1970 et aujourd'hui (déduction faite de l'inflation), il doublera
entre aujourd'hui et 2040. Cela est dû à la croissance continue
de la productivité, de 2 % en moyenne au cours du XXe siècle.
• En clair
? Si un actif produit " 200 ", s'il partage avec un inactif, cela fait
" 100 " chacun. S'il produit " 400 " et qu'il partage avec 3 inactifs (les
cotisations passent de 50 % à 75 % !), il lui reste toujours " 100
".
• Au cours
des 40 dernières années, le coût des pensions a été
multiplié par 10 (!), grâce à l'augmentation de la
productivité (et à une amélioration de la répartition
des richesses). Et le patronat veut nous effrayer aujourd'hui parce qu'il
devrait être multiplié par trois au cours des quarante prochaines
années (avec un gain de productivité estimé x 2,2
d'ici 2040, et en prenant les pires prévisions - 120 actifs pour
100 retraités - le système s'améliorerait !).
• La
donnée fondamentale du problème reste la même : le
capital veut s'approprier l'essentiel du surcroît de richesses produites.
Ce ne sont pas les richesses produites par les salariés qui posent
problème, elles sont largement suffisantes. C'est leur répartition.
La part des salaires dans la valeur ajoutée est passée, durant
les 20 dernières années, de 68 à 58 %…
Propositions
:
• Réajustement
des cotisations patronales par rapport à celles des salariés.
• Instauration
d'un prélèvement assis sur la plus-value (richesse produites)
complétant celui assis sur les salaires, afin de favoriser favoriser
l'emploi sur la finance.
• diminution
massive du chômage afin d'augmenter le nombre de cotisants, en jouant
sur la durée du travail (30 heures, congés payés…).
MEDEF.
Au nom de l'équité public/privé, les fonctionnaires
doivent cotiser 40 ans (annuités).
SIPM.
En 1993, Balladur fait passer de 37,5 à 40 le nombre d'annuités
requises pour les travailleurs du privé. Aujourd'hui, ses petits
copains parlent d'inégalité ! Demain, ils feront passer les
travailleurs du privé à 45, et, au nom de l'équité
demanderont après-demain qu'il en soit de même pour ceux du
public !
Proposition
:
• Abrogation
de la réforme Balladur, pour l'équité.
MEDEF.
Système par répartition inefficace par rapport au système
par capitalisation : rendements supérieurs. En raison de sa popularité,
le patronat évite cependant d'attaquer de front. Il met en place
doucement l'épargne entreprise, et les fonds d'épargne salariale,
susceptibles d'obtenir le " label syndical " (!), grâce à...
la CFDT (Nicole Notat est patronne d'une entreprise privée chargée
d'accorder ce label).
SIPM.
Cette prétendue inefficacité repose sur des arguments infondés
:
• Le " rendement
supérieur " est complètement dépendant de l'état
des marchés, d'une banqueroute comme celle d'Enron (les salariés
ont perdu simultanément leur emploi et leur retraite !). C'est connu,
après l'" euphorie ", les marchés " dépriment ". Et
le retraité avec ! Alors que les indemnités assise sur les
salaires sera toujours valable, même si le niveau de cotisation doit
être réajusté. Aux USA (capitalisation), on observe
un taux de remplacement entre 29 et 37 %, alors qu'il se situe entre 65
et 80 % en France (répartition). En effet, les performances à
long terme des marchés financiers sont faibles (derrière
l'illusion de fabuleux profits - et de fabuleuses faillites - à
court terme).
• Le fonctionnement
des marchés financiers est infiniment plus trouble et susceptible
de plus de corruptions, de détournements et de magouilles (cf. actualités
du monde de la finance !) que celui d'une institution contrôlée
par des organisations syndicales, même si elles se servent au passage
et que des mécanismes de contrôles doivent être mis
en place.
• Le régime
de retraite par répartition a été institué
en France dans les années 40, précisément suite à
la faillite des fonds de la retraite par capitalisation dans les années
30 !
Propositions
:
Assainir le
fonctionnement
des caisses de retraites :
• Evincer
le patronat de leur gestion, ces caisses sont financées grâce
à notre salaire, elles nous sont destinées, il n'a rien à
y faire.
• Elire et
mandater les gestionnaires, instaurer la transparence de leur gestion,
avec contrôle constant par un organisme indépendant.
MEDEF.
L'allongement de la durée de vie induit un déséquilibre
: il faut allonger la durée de cotisation pour la compenser, afin
de pérenniser le système par répartition.
SIPM. Le
postulat de ceci est d'une hypocrisie absolue, puisque le contexte de chômage
massif et de précarisation grandissante empêcherait évidemment
cette augmentation de la durée de cotisation. Cette mesure ne pourrait
être justifiable que dans la mesure où le chômage et
la précarité seraient quasiment résorbés, ce
qui est loin d'être le cas ! De nombreux salariés ne parviennent
même pas à 60 ans et partent dans le cadre de la pré-retraite,
des hordes de chômeurs trop âgés ne retrouvent jamais
de travail, des multitudes de jeunes errent désespérément
sur un marché du travail où ils ne parviennent qu'à
dénicher des " jobs " occasionnels sous-payés... En fait,
l'effet de cette mesure (et son véritable objectif) sera :
• Amputer
massivement les retraites versées à des salariés ne
pouvant accomplir les annuités requises, avec une décote
de 1 ,25 % par trimestre manquant.
• Grossir
les rangs des chômeurs et, surtout, des précaires.
• Diminuer
progressivement le champ d'application des caisses de répartition,
ce qui laissera le champ libre aux assurances privées (fonds de
pension), avec, pour les plus pauvres, la charité publique. Deux
systèmes sans garantie : pas de garantie que le fonds de pension
ne fasse pas faillite ; pas de garantie que la charité publique
ne cesse pas (cf aujourd'hui aux USA : les classes paupérisées
sont accusées de se la couler douce, et les derniers filets de la
charité publique sont retirés).
Propositions
:
• Idem premier
" argument ".
MEDEF.
L'augmentation des prélèvements obligatoires rend les
entreprises non-concurrentielles sur le plan international.
SIPM.
Indéniablement, plus les conditions salariales sont mauvaises, plus
les entreprises sont séduites. C'est d'ailleurs ce principe de concurrence,
à l'intérieur de l'Europe notamment, qui a permis de liquider
tant d'acquis sociaux. Aussi, la question est maintenant : poursuit-on
sur ce chemin, jusqu'à la liquidation totale d'un siècle
d'acquis, ou décide-t-on, ici, maintenant, de stopper la débâcle
?
Proposition
:
• Grève
générale reconductible, jusqu'à l'établissement
de normes sociales internationales contraignantes, pour faire pendant aux
institutions financières (FMI, OMC, Banque mondiale), sous l'égide
d'un organisme géré par des représentants des salariés
de tous les pays, élus sur des mandats précis. Cela pourrait
être basé sur un organisme existant, le Bureau international
du travail, après éviction des représentants patronaux
et avec l'adoption de mesures contraignantes.
Les
fonds de pension
La retraite
par répartition, c'est : celui qui travaille paye pour celui qui
est à la retraite, lui-même sera payé à son
tour lorsqu'il sera à la retraite. La solidarité jouant pour
celui qui ne peut pas travailler et qui souhaite malgré tout vivre.
Une avancée sociale considérable, qui en soi peut être
considérée comme révolutionnaire.
Les fonds
de pension, c'est un système d'assurance privée standard
: je paye, j'accumule un capital, ce capital est confié à
des financiers qui le font fructifier sur les marchés. Lorsque je
suis à la retraite, on me le reverse sous forme de rente. L'enjeu
? Les sommes fabuleuses qui transitent dans les différentes caisses
: 2 000 milliards pour la Sécurité sociale (dont 1 000 milliards
pour les retraites), que le capitalisme financier veut s'approprier.
• Seuls ceux
qui peuvent payer en bénéficient.
• Les sommes
sont soumises aux aléas des marchés. Votre fonds de pension
a investi dans le groupe Enron avant sa banqueroute ? Dommage !
• Il s'agit
d'un retour à une situation antérieure, celle d'avant les
caisses par répartition. Avec beaucoup de pauvres sans rien, sinon
un peu de charité publique ou privée ; des riches très
riches qui n'ont pas de problème de retraite ; une classe intermédiaire
dont les économies sont captées par les financiers, et disparaissent
dans un " scandale de panama " (Eurotunnel, France Télécom,
Vivendi…).
• Le salarié
est confronté à des intérêts contradictoires.
Devenu actionnaire, par l'intermédiaire des fonds de pension, il
est placé dans une situation effarante où son intérêt
de futur retraité va à l'encontre de son intérêt
de travailleur : les bénéfices maximum escomptés sur
le rendement de ses économies s'obtiennent par des rendements imposés
aux entreprises, qui nécessitent des délocalisations, l'abaissement
des conditions de travail, des salaires, des licenciements, etc.
Détournement
de fonds sociaux
Les caisses
gèrent des sommes gigantesques (Sécu : 2 000 milliards de
francs).
La défense
de ces formidables instruments de solidarité entre salariés
et de redistribution des richesses n'est malheureusement pas la seule motivation
des syndicats, patronaux ou de salariés, qui cogèrent ces
" organismes paritaires ".
Les bénéfices
tirés de la gestion des caisses représentent en effet, en
moyenne, 25 % des budgets des syndicats dits " représentatifs "
(CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC). Soit davantage que ce que rapportent les cotisations
(20%) !
Les détournements
se font sous différentes formes : emplois fictifs (permanents des
syndicats payés par les caisses), " fausses factures " (achat hors
de prix de pages de pub dans les parutions syndicales par les caisses),
" squat " (locaux appartenant aux caisses utilisés par les syndicats),
etc.
L'appétit
des bureaucraties syndicales est bien modeste cependant que celui des puissances
financières qui convoitent nos cotisations… N'en demeure pas moins
qu'une gestion transparente, contrôlée par un organisme indépendant
mandaté par les salariés, serait très simple à
mettre en place, et autrement efficace.
Revendications
immédiates
Renforcement du système par répartition
Retraites :
• Retour à
37,5 annuités public/privé.
• Abrogation
des autres mesures de la réforme Balladur (indexation sur les prix
et calcul sur les 25 meilleures années au lieu de 10).
• Prise en
compte de la pénibilité du travail (avec comme critère
l'espérance de vie par catégorie socio-professionnelle).
• Prise en
compte des années d'études et des périodes de chômage.
Répartition en général :
• Financement
par une revalorisation des cotisations patronales,
• Rééquilibrage
du système par la mise en place de cotisations basées sur
la plus-value (richesses créées) parrallèlement aux
cotisations basées sur la masse salariale
Revendication
à moyen terme
Financement du système par répartition
• Revalorisation
massive des salaires (c'est-à-dire salaires nets + cotisations salariales
+ cotisations patronales).
• Instauration
d'une cotisation patronale basée sur la plus-value (bénéfices)
et non sur la masse salariale. Elle pourrait servir de variable d'ajustement
réévaluée annuellement selon les besoins ou excédents
des caisses.
Amélioration des indemnités sociales
• Revenus
de remplacement à 100% des revenus de référence.
• Revenus
minimum (" minimas sociaux ") à hauteur du SMIC.
• Indemnité
retraite à 100 % des salaires des 10 dernières années
de la carrière du salarié.
• Rééquilibrage
du temps de travail afin de ramener le chômage à un niveau
résiduel (temps de travail hebdomadaire, congés payés,
annuités pour la ratraite… selon les réalités des
différents métiers).
Gestion des caisses
• Caisses
gérées uniquement par les représentants des salariés
(éviction des représentants du patronat)
• Caisses
gérées par des représentants élus sur des mandats
précis.
• Compensation
entre caisses déficitaires et bénéficiaires.
Revendication
à long terme
Révolution sociale !
Syndicat
interprofessionnel de la presse et des médias
L'information
n'est pas une marchandise… ceux qui la font non plus ! Il est temps de
s'organiser pour résister aux logiques patronales.
La logique
économique totalitaire inclut la marchandisation des travailleurs
de la presse - dessinateurs, maquettistes, techniciens, secrétaires
de rédaction, photographes, rédacteurs, éditeurs,
correcteurs, typographes, iconographes, etc. Souvent précarisés,
nous sommes conditionnés à l'exécution de recettes
marketing. Inutile de s'étonner que les médias soient autant
décriés.
Nous combattons
le corporatisme. Ouvriers, journalistes, techniciens, employés…
Chacun pour soi, l'exploitation pour tous, les profits sont bien gardés.
Des clivages fratricides, pour le bénéfice de qui ? Parce
que nous refusons d'être des pions au service des multinationales
de la presse.
Parce que
nous sommes fiers de nos métiers et que nous voulons les faire bien
; Parce que nous tous qui travaillons dans la presse, papier et Internet,
audiovisuelle et radiophonique, avons des intérêts communs
à défendre ;
Nous avons
créé le SIPM, pour affirmer et exercer notre syndicalisme.
Nous nous définissons des axes de lutte sortant de la seule défense
d'intérêts catégoriels, car nous estimons, travailleurs
de la presse, avoir un devoir d'information et de formation face à
la toute-puissance de la désinformation.
SIPM-CNT
Nous sommes
adhérents de la Confédération nationale du travail,
syndicaliste révolutionnaire. Plus d'info sur http://cnt-f.org.