Beaucoup de personnes dans l’Education Nationale sont amères après l’échec cuisant du mouvement du mois de mai 2003, où tout ce qui a été obtenu est l’application des véritables réformes que l’Etat projetait ( et non pas comme toujours le pire qu’il annonce dans un premier temps afin de faire croire aux plus naïfs à une avancée sociale durement gagnée). Cet échec des retraites est la porte ouverte à des attaques de plus en plus violentes contre les travailleurs du public comme du privé. Qu’avons-nous à attendre des syndicats réformistes, considérés comme « adultes et ouverts au dialogue » par Sellière et qui n’ont su que défendre leur place d’interlocuteurs privilégiés avec le gouvernement Raffarin. ? Rappelons que l’EN vient de subir un plan de redressement draconien et ravageur. En effet, il manquait pour cette rentrée entre 25 000 et 30 000 adultes dans les établissements. Le budget voté par la majorité réduit de 9600 personnes le nombre d’agents d’encadrement. Sans oublier les dangers des plans de décentralisation qui menacent dans l’immédiat les conditions de travail des IATOSS mais demain les médecins scolaires et pourquoi pas les profs qui ont été épargnés jusqu’à maintenant. Tout ce que nous avons perdu sur les retraites n’est que le début d’une oppression grandissante du capital sur les travailleurs. Si nous ne réagissons pas jusqu’où pourront-ils nous asphyxier ? Sommes-nous prêts à nous laisser lier pieds et poings ?
Les dangers qui guettent les travailleurs sont une fois de plus directement liés à la précarisation croissante d’une certaines catégorie de profs déjà fragile. Les TZR (Titulaires de Zones de Remplacement) doivent à leur tour essuyer les nouvelles attaques libérales et budgétaires du gouvernement. Un vacataire est toujours plus malléable qu’un titulaire. Mais nous ne pouvons pas faire l’économie de rapprocher cela aux autres réformes qui se préparent et qui ne font que stigmatiser jours après jours une certaine population qui devient de la chair à patrons. Le nouveau projet de loi Sarkozy obligeant à la délation les travailleurs sociaux et les enseignants est pris dans cette même logique de contrôler la base. Cette loi arrive d’ailleurs au moment où la présence de la politique est remise en cause au sein des établissements scolaires grâce à la loi du rapport Stasi. Obéis et ferme ta gueule ! Allons-nous fournir à l’Etat-Patron les chaînes avec lesquelles il compte nous attacher ? Pareil pour les nouveaux contrats à durée déterminée de droit privé qui jouent le jeu de la flexibilité et de la soumission. Comment fonder un syndicat dans sa branche si tout le monde est dispersé sur plusieurs entreprises ou si leur situation est tellement précaire que les gens préfèrent se taire de peur de perdre leur emploi très vite ? Leur objectif est clairement la mort de la contestation et le règne de la pensée unique libérale. Ils nous demandent désormais d’enseigner ce précepte.
Si nous n’agissons pas tous ensembles, de façon radicale et déterminée la répression ne sera que plus forte. C’est la première fois depuis son existence que l’arrêt Omont (qui autorise le prélèvement de tous les jours compris entre le premier et le dernier jour grèvés) a été appliqué pour le mouvement du mois de mai. Certaines personnes déjà précaires se sont ainsi vues retenir plus de la moitié de leur salaire. Chaque individu peut agir à son échelle. Pour cela il faut la mise en place systématique dans tous les établissements d’une Assemblée Générale souveraine avec un réel pouvoir décisionnel et une réelle organisation démocratique.
Ne laissons plus personne décider à notre place ! Organisons-nous ! La seule façon de faire reculer ce gouvernement déterminé dans la politique du pire est la grève générale privé /public