CNT Confédération nationale du Travail
AIT Association Internationale des Travailleurs

BOYCOTTONS
LES PRUD'HOMALES !


Les travailleurs ne s'émanciperont pas en élisant leurs juges : Avec constance depuis 1979, la CNT s'oppose aux élections prud'homales. A partir de 10 raisons d'évidence (voir encadré), nous appelons au boycott de ces élections, fantômes d'une démocratie de curieuse conception : 720.000 patrons élisent 7500 conseillers prud'hommes, 14.500.000 salariés élisent aussi 7500 conseillers prud'hommes !

LUTTER PLUTÔT QUE JUGER : Reprendre le combat de défense ouvrière par l'action directe suppose un rejet des institutions de collaboration de classes tels les comités d'entreprise ou les commissions paritaires dans la fonction publique. A fortiori, quand l'institution est un tribunal, nous n'avons pas à y collaborer : les travailleurs n'ont pas, avec les employeurs, à juger d'autres travailleurs. Laissons la classe possédante faire seule son sale boulot !

DEFENSEURS, PAS JUGES ! La CNT n'est pas absente des conseils de prud'hommes: chaque fois que c'est nécessaire, elle est au côté des travailleurs pour participer à leur défense, comme elle le fait devant n'importe quel autre tribunal, directement quand elle le peut, par ses avocats dans le cas contraire.

CONTRE L'INJUSTICE, LA LUTTE ET LA SYNDICALISATION ! Tous nos acquis sont le fruit de nos luttes, de celles de nos anciens. Il nous faut revenir à cette vérité première : Etat et Patronat ne donnent jamais rien d'autre que ce que nous leur arrachons.

Electeurs, nous ne sommes que des pions choisissant entre telle et telle organisation syndicale. Et selon leur poids électoral, elles pèseront plus ou moins dans l'appareil d'Etat et pourront continuer d'en être les rouages rémunérés. Acteurs, nous nous syndiquons et nous agissons pour l'auto-organisation des travailleurs ! Autogérons nos luttes, luttons pour l'autogestion !


Dix arguments pour casser du prud'homme


Des raisons de principe

  1. Un travailleur n'a pas, de concert avec un patron, à juger un autre travailleur.
  2. Un travailleur n'a pas à élire des juges du système judiciaire capitaliste
  3. Les travailleurs n'ont pas à appliquer et à se soumettre au droit du travail bourgeois.

  4. Des raisons syndicales

  5. La campagne électorale détourne les travailleurs des vrais problèmes, de l'action directe et de la lutte des classes.
  6. Elle divise les travailleurs en instituant des élections de représentativité.
  7. Il est plus efficace, pour faire respecter les droits des travailleurs, de créer des syndicats et des sections syndicales qui organiseront la riposte ouvrière.

  8. Des raisons institutionnelles

  9. Le conseil des prud'hommes a une compétence très limitée : les litiges individuels relevant du contrat de travail, en pratique les licenciements et le paiement des salaires.
  10. Même s'il voulait juger plus en conscience qu'en légalité, même s'il prenait systématiquement le parti des ouvriers, la hiérarchie judiciaire viendrait réviser ses décisions.
  11. Le paritarisme est un leurre puisque si les juges patrons et salariés ne parviennent pas à se mettre d'accord, pour les départager intervient un juge professionnel, le juge d'instance.
10. Si l'affaire va en appel ou en cassation, c'est de nouveau des juges professionnels qui statuent.