C’est nous qui travaillons
alors c’est nous qui décidons !

Le projet de loi sur les retraites qui consiste à faire travailler plus longtemps et pour une pension plus faible les travailleurs du public comme du privé est discuté à l’assemblée nationale.

Les clans politiques sont en train de nous imposer les décisions dictées par les vrais maîtres du système capitaliste : patrons, banquiers et financiers nationaux et internationaux ; avant de nous imposer la casse de la sécu, la mort du statut d’intermittent, la mise en place du RMA, la poursuite de la casse du service public…

Certains veulent négocier et renégocier.

Mais il n’y a rien à négocier, il y a tout à changer. D’abord arrêter définitivement le projet de loi et revenir sur la loi Balladur de 1993. Ensuite remettre en cause la racine du mal qu’est le capitalisme (le libéralisme n’en est qu’une de ses formes, pudiquement dénoncée). Il y a tout à changer : Réorganisation du travail au profit de tous, un travail socialement utile, répartition égalitaire des richesses notamment en direction des salaires directs et indirects (retraites, sécurité sociale…).

Notre vie nous appartient, nous voulons décider nous même, nous ne pouvons plus engraisser ces castes de labourgeoisie, de la finance comme de l’industrie et de la politique qui s’enrichissent pendant que nous en prenons plein la gueule : d’un côté licenciements, harcèlement, précarité, endettement, attaque sur les salaires, retraites, sécurité sociale, de l’autre profits, profits, profits….

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre tout ce petit monde d’exploiteurs en retraite à 85 % du SMIC comme ils le proposent généreusement ?

Ces dernières semaines, de Paris à Bastia en passant par Montpellier ou Grenoble, la violence policière a frappé de nombreux militants, montrant ainsi que les lois sécuritaires (LSQ, LSI) ont été mises en place pour permettre à l’état et à la bourgeoisie de défendre ses intérêts. Et l’on voudrait dialoguer avec ce gouvernement.

Des actions spectaculaires ont été largement commentées et critiquées, comme l’incendie d’un local du MEDEF. Nous tenons à rappeler que la violence primordiale et sans égale est celle exercée par une minorité possédante et au pouvoir (économique ou politique) contre la majorité immense des travailleurs. Que cette minorité impose aujourd’hui, sans le moindre dialogue et avec des arguments truqués et la force policière, sa volonté et ses intérêts financiers contre la volonté et les intérêts du plus grand nombre. Les médias et le gouvernement essaient de diviser le mouvement entre des militants raisonnables et responsables et « une poignée d’extrêmistes », refusons cette séparation. Nous affirmons notre totale solidarité avec tous les camarades en lutte.

Face à la violence patronale, une pétition ou un référendum national ne sert à rien, tout comme les journées de grève d’un jour qui n’ont jamais permis de créer un véritable rapport de force.

Seule l’organisation et l’unité des travailleurs à la base pourraient empêcher les blocages des directions des grosses centrales syndicales dont les stratégies de salon ne nous concernent pas. Si la grève générale illimitée n’a pas encore eu lieu, ce n’est que partie remise. Nous continuerons à nous battre pour son avènement, car elle-seule est à même de faire plier le gouvernement et le patronat.

 

Il est possible de s’organiser autrement et de gagner. La CNT est un syndicat indépendant de l’Etat et des partis politiques. La CNT est un syndicat autogéré sans chefs, ni permanents. Ce sont les syndiqués qui décident lors d’assemblées générales souveraines. La CNT est un syndicat porteur d’un projet de transformation sociale. Contre la double oppression de l’Etat et des patrons, elle prône la gestion directe de la société, par ses membres eux-mêmes. Puisque personne ne galère à notre place, que personne ne décide à notre place !